Arrêt n° 27880 de 2023 : Nullité pour absence de communication au défenseur dans la procédure cartolaire

L'arrêt n° 27880 du 16 mai 2023, déposé le 27 juin de la même année, offre une réflexion importante sur la réglementation d'urgence adoptée pendant la pandémie de Covid-19 et ses implications sur le droit de la défense. En particulier, la Cour de cassation a établi que l'absence de communication, par voie télématique, des conclusions du Procureur Général au défenseur de l'accusé entraîne une nullité générale, avec des conséquences significatives pour le procès pénal.

Le contexte de l'arrêt

L'arrêt s'inscrit dans une période où les procédures pénales ont été adaptées à de nouvelles modalités pour garantir la sécurité sanitaire. L'article 23-bis du décret-loi n° 137 de 2020 stipule que dans les jugements cartolaires, comme ceux célébrés pendant la pandémie, la communication entre les parties doit se faire par voie télématique. Le non-respect de cette norme, comme souligné dans l'arrêt, peut gravement compromettre l'assistance de l'accusé.

La nullité générale et ses conséquences

La Cour a précisé que la violation de la norme de communication entraîne une nullité d'ordre général à régime intermédiaire, déductible par le défenseur dans le premier acte subséquent de participation à la procédure. Cela signifie que, si le défenseur ne reçoit pas les conclusions du Procureur, il ne peut pas exercer correctement le droit de défense, compromettant ainsi l'équité du procès.

  • La nullité est généralisée et non limitée à des actes spécifiques.
  • Le défenseur a le droit de soulever la nullité même au stade de la conclusion.
  • Il est fondamental de garantir la communication pour préserver les droits de l'accusé.
Réglementation d'urgence pour contenir la pandémie de Covid-19 - Procédure cartolaire en appel - Conclusions écrites du Procureur Général - Absence de communication au défenseur - Nullité d'ordre général à régime intermédiaire - Déductibilité - Art. 182, alinéa 2, code de procédure pénale - Applicabilité - Conséquences. Dans le jugement cartolaire d'appel célébré selon la réglementation d'urgence pour contenir la pandémie de Covid-19, l'absence de communication, par voie télématique, au défenseur de l'accusé des conclusions du Procureur Général, en violation de l'art. 23-bis d.l. du 28 octobre 2020, n° 137, converti, avec modifications, par la loi du 18 décembre 2020, n° 176, affectant l'assistance de l'accusé, entraîne une nullité générale à régime intermédiaire, déductible par le défenseur lors de la formulation de ses conclusions comme premier acte subséquent de participation à la procédure 'cartolaire', conformément à l'art. 182, alinéa 2, premier incise, code de procédure pénale, de sorte que l'exception soumise uniquement par le recours en cassation doit être considérée comme tardive.

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 27880 de 2023 représente un rappel important de la nécessité de garantir le droit de défense même dans des contextes d'urgence. La Cour de cassation, par cette décision, souligne que la communication entre les parties est fondamentale pour le bon déroulement du procès pénal, et son absence peut entraîner de graves conséquences, telles que la nullité des actes. Il est crucial que les acteurs du droit prêtent attention à ces dispositions afin que le principe d'un procès équitable soit toujours respecté.

Cabinet d’Avocats Bianucci