Commentaire sur l'Arrêt n° 16351 de 2024 : Réforme du Jugement et Interdiction de Reformatio in Peius

Le récent arrêt n° 16351 du 29 février 2024, déposé le 18 avril 2024, par la Cour d'Appel de Milan, a soulevé d'importantes questions concernant l'interdiction de "reformatio in peius" dans le contexte d'un jugement ultérieur à l'acceptation de la demande de rescission du jugement. Ce principe juridique, fondamental dans notre système procédural, empêche qu'une partie ayant interjeté appel puisse se retrouver dans une position moins favorable par rapport à celle déjà obtenue en première instance.

L'Interdiction de Reformatio in Peius : Contexte et Références Normatives

L'interdiction de "reformatio in peius" est régie par l'art. 597 du Code de Procédure Pénale, qui stipule qu'en matière d'appel, le juge ne peut aggravé la situation de l'accusé. Cependant, l'arrêt en question précise que cette interdiction ne s'applique pas en cas de rescission du jugement. En effet, la Cour a souligné que la nullité de la déclaration d'absence se traduit par une situation d'invalidité absolue et irrémédiable, qui emporte l'ensemble du jugement précédent.

  • Art. 629-bis, alinéa 3, Code de Proc. Pén. - Réglementation sur la rescission du jugement.
  • Art. 597, alinéa 3, Code de Proc. Pén. - Réglementation sur l'interdiction de reformatio in peius.

Analyse de l'Arrêt et Implications Pratiques

Le principe de l'arrêt établit clairement que, dans le nouveau procès autonome suite à l'acceptation de la rescission, le pouvoir discrétionnaire du juge ne connaît aucune limite. Cette affirmation est cruciale car elle permet au juge d'évaluer librement et de déterminer un nouveau traitement sanctionnatoire, sans les restrictions normalement prévues dans une procédure d'appel. La Cour a souligné que le nouveau jugement, en vertu de l'art. 629-bis, ne doit pas être considéré comme une phase d'appel, mais comme un processus complètement nouveau.

REFORMATIO IN PEIUS - Opérabilité dans le jugement consécutif à la rescission du jugement - Exclusion - Raisons. L'interdiction de "reformatio in peius" ne s'applique pas dans le jugement consécutif à l'acceptation de la demande de rescission du jugement, car la nullité considérée, absolue et irrémédiable, de la déclaration d'absence emporte l'ensemble du jugement et l'arrêt par lequel il a été défini, de sorte que dans le nouveau processus totalement autonome, il n'existe aucune limite au pouvoir discrétionnaire du juge dans la détermination du traitement sanctionnatoire. (En motivation, la Cour a précisé que le nouveau jugement ordonné en vertu de l'art. 629-bis, alinéa 3, du code de procédure pénale, contrairement à celui visé à l'art. 597, alinéa 3, du code de procédure pénale, ne constitue pas une phase d'appel).

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 16351 de 2024 représente un important éclaircissement sur le principe de l'interdiction de "reformatio in peius". Il offre non seulement une interprétation claire des normes en vigueur, mais met également en évidence l'autonomie du nouveau processus suivant la rescission du jugement. Cette décision pourrait avoir un impact significatif sur la stratégie de défense des accusés et sur les décisions des juges, contribuant à une plus grande justice et équité dans les procédures pénales.

Cabinet d’Avocats Bianucci