Analyse de l'Arrêt n° 27181 du 2024 : Procédabilité à plainte et irrecevabilité en droit pénal

L'arrêt n° 27181 du 21 février 2024, déposé le 10 juillet de la même année, représente un point de référence important pour la compréhension des nouveautés introduites par la réforme Cartabia dans le contexte de la procédabilité à plainte. En particulier, le cas examiné met en évidence comment, en l'absence d'une plainte déposée dans les délais prévus, le juge est obligé de déclarer l'irrecevabilité de l'infraction, révélant les conséquences de cette réglementation sur les infractions devenues procédibles à plainte.

Le contexte normatif

Le décret législatif n° 150 de 2022 a introduit des modifications significatives en matière de procédabilité pénale, soulignant la nécessité d'une plainte comme condition préalable à l'action pénale dans certains cas. Selon l'art. 85 du d.lgs. cité, si le délai pour le dépôt de la plainte expire sans qu'elle soit présentée, l'infraction est considérée comme irrecevable. Cette modification vise à limiter les actions pénales dans des situations où il n'y a pas d'intérêt direct de la part de la victime, répondant à un besoin d'une plus grande efficacité du système judiciaire.

Le principe de l'irrecevabilité

Procédabilité à plainte en raison de la modification introduite par le d.lgs. n° 150 de 2022 (dite réforme Cartabia) - Expiration du délai pour déposer une plainte ex art. 85 d.lgs. cité - Obligation de déclaration immédiate d'irrecevabilité ex art. 129 cod. proc. pén. - Existence - Contestation subsidiaire de circonstance aggravante ex art. 517, cod. proc. pén. - Possibilité - Exclusion - Abus de procédure - Faits. En matière d'infractions devenues procédibles à plainte en raison de la modification introduite par le d.lgs. du 10 octobre 2022, n° 150, le juge du procès, lorsque le délai prévu par l'art. 85 d.lgs. cité est expiré en l'absence de dépôt de la plainte, suite à l'établissement du contradictoire et à l'admission des preuves, est tenu de prononcer un arrêt d'irrecevabilité ex art. 129 cod. proc. pén., la contestation d'une circonstance aggravante visant uniquement à rendre l'infraction procédible d'office étant inefficace, en tant qu'indicative d'un abus de procédure de la part du ministère public. (Affaire relative au vol d'énergie électrique).

Le juge, donc, n'a pas de discrétion dans sa décision : si le délai pour la plainte est expiré et qu'elle n'a pas été déposée, il doit nécessairement déclarer l'irrecevabilité de l'action pénale. Cette position a été confirmée par la Cour de Cassation, qui a souligné comment la contestation d'une circonstance aggravante par le ministère public, visant à rendre l'infraction procédible d'office, peut être considérée comme un abus de procédure.

Conclusions

Cette décision représente un pas important dans le renforcement du principe de légalité et du respect des droits des parties dans le procès pénal. La réforme Cartabia, à travers ces dispositions, vise à réduire la charge de travail des tribunaux et à garantir que les actions pénales ne soient engagées qu'en présence d'un intérêt réel de la partie lésée. L'obligation de déclarer l'irrecevabilité en l'absence de plainte clarifie les limites de l'action pénale, promouvant une justice plus équitable et moins sujette à des abus.

Cabinet d’Avocats Bianucci