Analyse de l'arrêt n° 3356 du 2024 : Procédure camerale et appels en temps de Covid-19

L'arrêt n° 3356 du 14 novembre 2024 de la Cour d'Appel de Catane représente une intervention jurisprudentielle importante en période d'urgence extraordinaire causée par la pandémie de Covid-19. La décision aborde des questions pertinentes concernant la réglementation des recours dans le contexte du droit pénal, en particulier en ce qui concerne la conversion de la procédure et les obligations de présence des prévenus détenus.

La réglementation d'urgence et les recours

Conformément à la réglementation d'urgence, les modalités de célébration des procédures pénales ont subi des modifications significatives. La Cour d'Appel a établi que la demande de traitement oral de la part de l'avocat, dans le cadre d'un appel contre un jugement rendu en procédure abrégée, entraîne la conversion de la procédure d'urgence "papier" en procédure camerale ordinaire. Cet aspect est crucial, car il indique une tentative de garantir une plus grande participation et transparence dans le processus, malgré les restrictions imposées par la situation sanitaire.

Obligation de traduction et participation du prévenu

Appel - Réglementation d'urgence due au Covid-19 - Jugement de première instance rendu en procédure abrégée - Demande de traitement oral de l'avocat - Conversion de la procédure d'urgence "papier" en procédure camerale ordinaire - Prévenu détenu - Absence de demande de participation à l'audience - Obligation de traduction - Exclusion. En matière de recours, sous le régime de la réglementation d'urgence pandémique, la demande de traitement oral formulée par l'avocat dans la procédure d'appel contre le jugement rendu en première instance en procédure abrégée entraîne la conversion de la procédure d'urgence "papier" en procédure camerale ordinaire, mais n'impose pas non plus l'obligation de traduction du prévenu détenu qui n'a pas exprimé la volonté de participer à l'audience. (Affaire dans laquelle la Cour a exclu la nullité de l'arrêt d'appel, considérant correcte la célébration de la procédure en l'absence du prévenu).

La Cour a précisé que si le prévenu détenu n'exprime pas la volonté de participer à l'audience, l'obligation de traduction ne s'applique pas. Cette décision est d'une grande importance, car elle reflète la nécessité de équilibrer les droits du prévenu avec l'efficacité du système juridique, surtout dans un contexte d'urgence. La Cour a donc exclu la nullité de l'arrêt d'appel, affirmant la légitimité de la célébration de la procédure en l'absence du prévenu.

Conclusions

L'arrêt n° 3356 du 2024 représente un passage significatif dans la jurisprudence italienne, soulignant comment les tribunaux adaptent leurs pratiques aux circonstances extraordinaires créées par la pandémie. La gestion des recours et la réglementation des présences en audience sont des aspects cruciaux pour garantir le droit à la défense, mais aussi pour assurer le bon fonctionnement du système judiciaire. Cette intervention de la Cour d'Appel de Catane éclaire un sujet actuel et complexe, invitant à une réflexion plus large sur la justice en temps de crise.

Cabinet d’Avocats Bianucci