La Crédibilité de la Personne Offensée dans l'Arrêt n° 4252 de 2024

Le récent arrêt n° 4252 du 18 novembre 2024, déposé le 31 janvier 2025, offre une réflexion importante sur la crédibilité de la personne offensée en matière pénale, en particulier concernant l'effet de l'indemnisation du préjudice. La Cour de Cassation a abordé, de manière détaillée, la question de l'évaluation de la preuve et de la validité du témoignage de ceux qui ont subi un délit, mais ne se sont pas constitués parties civiles.

Le Contexte Normatif et Juridique

La Cour a précisé que l'indemnisation du préjudice, en faveur de la personne offensée, ne compromet pas sa crédibilité en tant que témoin. Ce principe repose sur l'idée que, si l'on obligeait la personne offensée à renoncer à son droit d'indemnisation pour être considérée comme crédible, une situation paradoxale serait créée. La jurisprudence est claire : l'indemnisation est un institut de droit privé, et ne peut pas être interprétée comme une confession tacite ou une preuve de la responsabilité pénale.

Indemnisation du préjudice survenue - Incidence sur la crédibilité de la personne offensée - Exclusion - Raisons - Précisions. En matière d'évaluation de la preuve, l'indemnisation du préjudice en faveur de la personne offensée qui ne s'est pas constituée partie civile ne mine pas sa crédibilité en tant que témoin, se trouvant autrement ladite dans la condition anormale de devoir renoncer à l'exercice du droit qui lui est reconnu par l'ordre juridique en conséquence du délit subi pour pouvoir être crue. (Dans ses motivations, la Cour a également affirmé qu'aucune preuve de la responsabilité pénale n'est offerte au juge en conséquence de l'indemnisation du préjudice, celle-ci étant un institut de droit privé, non susceptible d'être interprété comme une confession tacite, judiciaire ou extrajudiciaire).

Implications Pratiques de l'Arrêt

Les implications de cet arrêt sont multiples et pertinentes non seulement pour les avocats, mais aussi pour les personnes impliquées dans des procédures pénales. Voici quelques points clés :

  • Le témoignage de la personne offensée est protégé et peut être utilisé comme preuve, indépendamment du fait qu'elle se soit constituée partie civile.
  • L'indemnisation du préjudice ne doit pas être considérée comme une admission de culpabilité, mais plutôt comme une reconnaissance du préjudice subi.
  • Les futures décisions judiciaires devront tenir compte de ce principe, garantissant ainsi une plus grande équité dans le processus pénal.

Cet arrêt s'inscrit dans une tendance jurisprudentielle visant à garantir la protection des droits des personnes offensées, évitant que le processus pénal ne se transforme en une forme de représailles pour ceux qui décident de revendiquer leur droit à l'indemnisation.

Conclusions

L'arrêt n° 4252 de 2024 représente un pas en avant significatif dans la protection de la personne offensée dans le système juridique italien. La Cour a réaffirmé que l'indemnisation du préjudice ne doit pas influencer la crédibilité de ceux qui témoignent, créant ainsi un environnement plus juste et équilibré où les droits des victimes sont respectés. Cette décision, en plus de clarifier des aspects normatifs, invite à réfléchir sur la manière dont le droit peut évoluer pour répondre aux exigences de justice et d'équité.

Cabinet d’Avocats Bianucci