Compétence fonctionnelle et dérogation à la perpetuatio iurisdictionis : analyse de l'arrêt n. 44814 du 2024

Le récent arrêt n. 44814 du 15 octobre 2024, rendu par la Cour de Cassation, représente une intervention importante en matière de compétence fonctionnelle dans les procédures concernant les magistrats. En particulier, la Cour s'est prononcée sur la dérogation au principe de la "perpetuatio iurisdictionis", clarifiant comment les situations qui émergent pendant le débat peuvent influencer la compétence judiciaire.

Le principe de la perpetuatio iurisdictionis

Le principe de la "perpetuatio iurisdictionis" établit qu'une fois le débat ouvert, la compétence du juge ne peut être modifiée, même si de nouvelles circonstances émergent qui pourraient justifier un changement de juge. Cependant, la Cour de Cassation a reconnu que, dans des cas spécifiques, il est possible de déroger à ce principe, en particulier lorsqu'il s'agit de procédures impliquant des magistrats. Cet aspect est régi par l'art. 11 du code de procédure pénale, qui établit les règles de compétence à l'égard des magistrats.

Analyse de l'arrêt n. 44814

Dans l'affaire examinée, la Cour a considéré que la compétence relative aux procédures concernant les magistrats nécessite une prise en compte des situations émergentes, même si celles-ci se produisent après l'ouverture du débat. En particulier, la Cour a affirmé :

Compétence fonctionnelle ex art. 11 cod. proc. pén. - Dérogation au principe de la "perpetuatio iurisdictionis" - Situation survenant après l'ouverture du débat - Pertinence - Transmission ultérieure des actes au ministère public auprès du juge compétent ex art. 11 cod. proc. pén. - Faits. La compétence relative aux procédures concernant les magistrats, établie par l'art. 11 cod. proc. pén., implique une dérogation au principe de la "perpetuatio iurisdictionis", devant tenir compte de la situation prévue par la norme même si elle s'est produite ou est apparue après l'ouverture du débat, et même en appel.

Dans cette hypothèse, la Cour a annulé l'arrêt contesté et a ordonné la transmission des actes au ministère public compétent, suite au décès de la partie lésée initiale et à l'entrée en scène d'un magistrat en tant que partie civile.

Implications de l'arrêt

Les implications de cet arrêt sont significatives, car elles clarifient que la compétence peut varier même en phase d'appel, si de nouveaux faits ou situations émergent. Il est donc essentiel que les avocats soient attentifs à surveiller la situation procédurale et à signaler tout changement pouvant influencer la compétence du juge. Parmi les points saillants, on peut considérer :

  • La nécessité d'un examen attentif des circonstances émergentes durant le débat.
  • La possibilité de transmettre les actes au ministère public compétent en cas de variation de la situation.
  • La reconnaissance de la dérogation au principe de la "perpetuatio iurisdictionis" dans les procédures concernant les magistrats.
Cabinet d’Avocats Bianucci