Lotissement abusif et confiscation : l'arrêt n° 44346 de 2024

L'arrêt n° 44346 du 14 novembre 2024, rendu par la Cour de Cassation, fournit d'importants éclaircissements sur le thème du lotissement abusif et ses conséquences en termes de confiscation des biens. En particulier, la Cour a établi que les personnes morales propriétaires des terrains lotis de manière abusive ne peuvent pas être considérées comme des tiers étrangers à l'infraction, excluant ainsi la possibilité de bénéficier de la confiscation.

Le contexte de l'arrêt

Dans le cas spécifique, l'accusé, C. F., a été impliqué dans une situation de lotissement abusif, qui a conduit à l'intervention de la Cour d'Appel de Cagliari. La question centrale concernait l'identification des parties impliquées et leurs responsabilités. La Cour a souligné que ni la personne morale propriétaire de la zone lotie abusivement, ni celle qui se présente comme titulaire apparente des biens ne peuvent être considérées comme des tiers étrangers à l'infraction. Cette position repose sur le constat que ces entités tirent des avantages et des utilités découlant de l'infraction, se configurant ainsi comme partie active dans le processus de lotissement.

Le principe de l'arrêt

Lotissement abusif - Confiscation - Parties tierces étrangères à l'infraction - Identification - Personne morale propriétaire de la zone ou titulaire apparente des biens - Exclusion - Raisons. En matière de lotissement abusif, ne sont pas des tiers étrangers à l'infraction, aux fins de confiscation, ni la personne morale propriétaire de la zone lotie abusivement, qui reçoit les avantages et les utilités découlant de l'infraction, étant normalement le commanditaire des interventions réalisées et partie des actes négociés y afférents, ni celle qui est titulaire apparente de biens, qui représente le simple écran derrière lequel l'auteur effectif agit dans son intérêt exclusif, faisant défaut, dans les deux cas, le nécessaire critère de bonne foi.

Ce principe met en évidence comment la Cour a entendu clarifier que la bonne foi ne peut être invoquée par des parties qui, bien qu'elles ne soient pas les auteurs directs de l'infraction, tirent néanmoins profit de la conduite illégale. L'exclusion de ces parties de la catégorie des tiers étrangers est essentielle pour garantir l'efficacité des mesures de confiscation, un outil essentiel pour lutter contre l'illégalité dans le secteur de la construction.

Implications et conclusions

Les implications de cet arrêt sont significatives. Tout d'abord, il établit un principe de responsabilité clair : celui qui bénéficie d'une infraction ne peut se réfugier derrière son étrangeté pour éviter des conséquences légales. De plus, l'arrêt s'aligne sur le principe de légalité et de lutte contre l'abus, prévu également par la législation européenne et nationale.

  • Renforcement des mesures de confiscation.
  • Clarté sur la responsabilité des personnes morales.
  • Nécessité d'évaluer la bonne foi dans des contextes complexes.

En résumé, l'arrêt n° 44346 de 2024 représente une étape importante dans la lutte contre le lotissement abusif, clarifiant les limites de la responsabilité et garantissant que ceux qui tirent profit de pratiques illégales ne peuvent échapper aux conséquences de leurs actes.

Cabinet d’Avocats Bianucci