Interceptions téléphoniques : commentaire sur l'arrêt n° 26297 de 2024

Le récent arrêt n° 26297 du 15 mai 2024, rendu par la Cour de cassation, offre une réflexion importante sur la réglementation des interceptions téléphoniques et sur le rôle crucial des décrets d'autorisation qui légitiment leur utilisation. Cette décision s'inscrit dans un contexte juridique complexe, où la protection des droits fondamentaux, comme le droit de défense, s'entrelace avec les besoins d'investigation de l'État.

Le contexte de l'arrêt

La Cour a examiné une affaire dans laquelle le ministère public n'avait pas joint les décrets d'autorisation relatifs aux interceptions à la demande d'application de mesures conservatoires. Suite à l'appel de la mesure coercitive, le tribunal de réexamen a dû évaluer l'efficacité des interceptions elles-mêmes. La Cour a établi que le non-joint des décrets ne détermine pas automatiquement l'inefficacité de la mesure conservatoire, contrairement à ce que soutenaient certaines interprétations précédentes.

La signification de la maxime de l'arrêt

Omission de la jonction des décrets d'autorisation par le ministère public - Omission de la transmission de ceux-ci au tribunal de réexamen - Inefficacité de la mesure conservatoire ordonnée - Exclusion - Inutilisabilité - Exclusion - Obligation pour le tribunal de réexamen d'acquérir d'office les décrets - Existence - Fait. En matière d'interceptions téléphoniques, l'absence de jonction, de la part du ministère public, des décrets d'autorisation relatifs à l'appui de la demande d'application de la mesure conservatoire et la transmission ultérieure omise de ceux-ci au tribunal de réexamen, suite à un appel de la décision coercitive, ne détermine pas l'inefficacité de la mesure selon l'art. 309, alinéa 10, du code de procédure pénale, ni l'inutilisabilité des interceptions, qui découle, en revanche, de l'adoption des décrets en dehors des cas autorisés par la loi ou en violation des dispositions des art. 267 et 268 du code de procédure pénale, obligeant cependant le tribunal à acquérir de tels actes afin de garantir le droit de défense de la partie qui en a fait la demande aux fins de contrôle sur leur existence et leur légitime adoption. (Affaire dans laquelle la Cour a annulé l'ordonnance du Tribunal de réexamen qui avait omis d'acquérir les décrets d'autorisation fondant la décision initiale et celle rejetant l'appel, sur le fondement erroné de l'irrélevance de la déduction défensive, en raison de la mise à disposition, par le ministère public, des seuls supports informatiques des interceptions).

Ce passage souligne l'obligation du tribunal d'acquérir les décrets d'autorisation pour garantir le droit de défense, même en l'absence de leur jonction par le ministère public. Il est fondamental que le tribunal vérifie l'existence et la légitimité de ces décrets, car leur absence n'implique pas automatiquement l'inutilisabilité des interceptions, mais nécessite un contrôle plus approfondi.

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 26297 de 2024 représente un pas significatif dans la protection des droits des accusés et dans la gestion des interceptions téléphoniques. Il clarifie que, bien que l'absence de décrets d'autorisation puisse sembler une violation procédurale, cela ne détermine pas automatiquement l'inefficacité des mesures conservatoires, à condition que le tribunal soit en mesure de vérifier leur légitimité. C'est un important rappel de l'importance de la forme et du fond en droit pénal, qui doit toujours garantir l'équilibre entre les besoins d'investigation et les droits fondamentaux des individus.

Cabinet d’Avocats Bianucci