Commentaire sur l'Arrêt n° 24515 de 2023 : Mesures Cautelaires et Association de Type Mafieux

L'arrêt n° 24515 du 19 janvier 2023, rendu par la Cour de Cassation, aborde un thème d'une importance fondamentale dans le droit pénal italien : les mesures cautelaires personnelles en relation avec les crimes d'association de type mafieux. En particulier, la Cour s'est prononcée sur la détention provisoire, établissant des critères spécifiques que le juge doit respecter lors de l'application des mesures cautelaires.

La Présomption d'Adequation de la Détention Provisoire

Selon ce qui est établi par l'article 275, alinéa 3, du code de procédure pénale, pour les mis en examen pour des délits liés à l'association de type mafieux, il existe une double présomption. La première est de nature relative et concerne l'existence des besoins cautelaires, tandis que la seconde est de nature absolue et implique que la mesure de détention provisoire est la seule adéquate pour garantir la limitation du danger découlant de la liberté du mis en examen.

  • Présomption relative : elle concerne les besoins cautelaires qui doivent être évalués au cas par cas.
  • Présomption absolue : elle implique que, en l'absence de circonstances particulières, la détention provisoire est la seule mesure jugée adéquate.
CRITÈRES - Mis en examen pour participation à une association de type mafieux - Mesure de détention provisoire - Présomption d'adéquation - Existence - Derogabilité - Hypothèses. En matière de mesures cautelaires personnelles, le dispositif de l'art. 275, alinéa 3, du code de procédure pénale établit, à l'égard des mis en examen pour le délit de participation à une association de type mafieux, une double présomption, de nature relative en ce qui concerne l'existence des besoins cautelaires et de nature absolue en ce qui concerne l'adéquation de la seule mesure carcérale pour leur limitation, cette dernière étant surmontable uniquement dans les cas prévus par l'art. 275, alinéas 4 et 4-bis, du code de procédure pénale, c'est-à-dire lorsque le destinataire de la contrainte prouve la nécessité de s'occuper de ses enfants de moins de six ans ou souffre d'une maladie incompatible avec la détention.

Les Dérogations à la Mesure Cautelaire

Il est important de souligner que, bien que la détention provisoire soit considérée comme la mesure adéquate, elle ne peut être surpassée que dans des circonstances particulières. Selon les articles 275, alinéas 4 et 4-bis du code de procédure pénale, des dérogations peuvent être appliquées dans les cas suivants :

  • Lorsque le mis en examen prouve qu'il a des enfants de moins de six ans à charge.
  • Lorsque le mis en examen souffre d'une maladie qui ne permet pas la détention en prison.

Ces dérogations représentent un équilibre entre la nécessité de protéger la société et le respect des droits fondamentaux du mis en examen.

Conclusions

L'arrêt n° 24515 de 2023 offre d'importants éléments de réflexion sur les mesures cautelaires en cas d'association de type mafieux. La double présomption d'adéquation de la détention provisoire souligne l'attention du législateur envers la gravité de tels crimes, mais en même temps, les dérogations prévues montrent une intention de garantir les droits de l'individu. Il est fondamental que les praticiens du droit considèrent attentivement ces dispositions dans leur application pratique, pour garantir un juste équilibre entre justice et protection des droits humains.

Cabinet d’Avocats Bianucci