Analyse de l'arrêt n° 45868 de 2024 : Escroquerie aggravée et Superbonus 110%

L'arrêt n° 45868 du 17 octobre 2024, rendu par la Cour de cassation, offre des éléments significatifs concernant la configuration de l'escroquerie aggravée dans le contexte des subventions publiques, en particulier en ce qui concerne le célèbre Superbonus 110 %. Cette décision clarifie non seulement des aspects réglementaires, mais soulève également des questions sur l'utilisation correcte des allègements fiscaux prévus par la législation d'urgence.

Le contexte réglementaire du Superbonus 110%

Le Superbonus 110 % est une mesure introduite par le Décret-loi n° 34 du 19 mai 2020, visant à stimuler la reprise économique pendant la pandémie. Cependant, l'interprétation de la réglementation a conduit à de nombreux litiges. L'arrêt examiné aborde la question du moment consumatif du délit d'escroquerie aggravée, précisant que le délit se perfectionne avec la création du crédit d'impôt, même si celui-ci n'est pas cédé à des tiers.

Le principe de l'arrêt

Escroquerie aggravée pour l'obtention de subventions publiques - "Superbonus 110 %" prévu par la législation d'urgence pandémique - Perfectionnement du délit - Identification. Le délit d'escroquerie aggravée pour l'obtention de subventions publiques, lorsque celles-ci sont constituées par le dit "Superbonus 110 %" prévu par la législation d'urgence pandémique et par les crédits fiscaux correspondants pour des travaux non réalisés, se consomme par l'exercice de l'option prévue par l'art. 121, alinéa 1, lettre b), du d.l. du 19 mai 2020, n° 34, avec la simple création du crédit d'impôt remplaçant la déduction fiscale prévue et non utilisée, n'étant pas nécessaire que le crédit fictif ainsi généré et par conséquent apparu dans le tiroir fiscal du bénéficiaire d'origine soit cédé à des tiers ou utilisé en compensation.

Ce principe souligne comment la simple création d'un crédit d'impôt, même s'il n'est pas utilisé en compensation ou cédé, peut constituer le délit d'escroquerie aggravée. Cela implique une responsabilité pénale même en l'absence d'actes supplémentaires qui sont traditionnellement associés à l'escroquerie.

Les implications de l'arrêt

  • Renforcement de la vigilance fiscale : L'arrêt souligne la nécessité d'une surveillance attentive des pratiques relatives au Superbonus, pour prévenir les abus.
  • Clarté juridique : La Cour a clarifié que la responsabilité pénale peut survenir même en l'absence de comportements frauduleux supplémentaires.
  • Risques pour les professionnels du secteur : Les architectes et ingénieurs impliqués dans la gestion des dossiers pourraient être exposés à des risques juridiques significatifs.

Ce jugement représente un précédent juridique important, attirant l'attention sur la manière dont les allègements fiscaux peuvent être sujets à abus et, par conséquent, à des sanctions pénales.

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 45868 de 2024 offre une vision claire et détaillée concernant l'escroquerie aggravée dans le contexte du Superbonus 110 %. Il est essentiel que les citoyens et les professionnels du secteur comprennent les implications légales de telles mesures, afin d'éviter de rencontrer des problèmes pénaux. La prise de conscience et la bonne interprétation des normes sont essentielles pour garantir un usage éthique et légitime des allègements fiscaux.

Cabinet d’Avocats Bianucci