Commentaire sur l'Arrêt n° 26285 de 2024 : Conduite Sans Permis et Récidive

Le récent arrêt n° 26285 du 4 juin 2024, rendu par la Cour de Cassation, offre des pistes de réflexion importantes sur le sujet de la conduite sans permis, en particulier lorsqu'il s'agit d'une hypothèse aggravée par la récidive dans le délai de deux ans. Ce cas spécifique, ayant impliqué l'accusé M. R., a confirmé certains principes clés concernant la discipline des sanctions dans le contexte de la circulation routière.

Contexte Normatif et Jurisprudentiel

L'article 116, alinéa 15, du Code de la Route établit les sanctions pour ceux qui conduisent sans permis, en particulier en ce qui concerne les récidivistes. L'arrêt examiné a mis en lumière comment le Décret Législatif n° 8 de 2016 a dépénalisé l'hypothèse non aggravée, mais n'a eu aucun impact sur le traitement sanctionnatoire pour l'hypothèse aggravée. Dans ce cas, il est en effet souligné que l'hypothèse aggravée par récidive a été transformée en une infraction autonome, avec des sanctions conjointes, privatives de liberté et pécuniaires. Cela signifie que, en présence de récidive, le législateur a décidé de maintenir un régime de sanctions rigoureux.

Implications de l'Arrêt

L'arrêt clarifie que, en cas de récidive, seule la peine privative de liberté ne peut être appliquée. Cet aspect est fondamental, car il implique que le juge doit considérer les deux sanctions : celle privative de liberté et celle pécuniaire. Les conséquences juridiques de cette décision peuvent être résumées dans les points suivants :

  • La récidive dans le délai de deux ans transforme l'hypothèse aggravée en une infraction autonome.
  • Le traitement sanctionnatoire reste sévère, prévoyant une peine conjointe.
  • Le d.lgs. n° 8 de 2016 a dépénalisé uniquement l'hypothèse non aggravée, maintenant ainsi une rigidité pour l'hypothèse aggravée.
Hypothèse aggravée par récidive dans le délai de deux ans - Transformation en infraction autonome en raison du d.lgs. n° 8 de 2016 - Conséquences sur le traitement sanctionnatoire - Applicabilité de la seule peine privative de liberté - Exclusion - Raisons. En matière de conduite sans permis, l'hypothèse aggravée par la récidive dans le délai de deux ans, visée à l'art. 116, alinéa 15, d.lgs. 30 avril 1992, n° 285, a été transformée en infraction autonome en raison du traitement sanctionnatoire prévu pour elle, caractérisé par une peine conjointe, privative de liberté et pécuniaire, de sorte que la disposition de l'art. 1, alinéa 1, d.lgs. 15 janvier 2016, n° 8, qui a dépénalisé l'hypothèse non aggravée, ne peut également pas être reconnue comme ayant un effet modificateur sur le type de sanction infligée pour celle aggravée, par le biais du remplacement de la seule peine privative de liberté par celle conjointe.

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 26285 de 2024 souligne l'importance d'une approche rigoureuse dans les cas de conduite sans permis aggravée par récidive. La distinction entre l'infraction aggravée et non aggravée est fondamentale pour comprendre le système de sanctions en vigueur, qui maintient un degré élevé de sévérité pour les comportements mettant en danger la sécurité routière. Il est crucial que les conducteurs soient conscients des conséquences juridiques de leurs actions, surtout en cas de récidive, pour éviter de faire face à de lourdes sanctions et à une possible aggravation de leur situation juridique.

Cabinet d’Avocats Bianucci