Le droit de défense dans le séquestre et la confiscation : commentaire de l'Ordonnance n° 17813 du 27/06/2024

Le thème des mesures de prévention, en particulier le séquestre et la confiscation, représente un aspect crucial du droit pénal italien. L'Ordonnance n° 17813 du 27 juin 2024, rendue par la Cour de Cassation, offre d'importants éclaircissements sur les modalités de protection des droits des tiers propriétaires dans ces situations. Dans cet article, nous analyserons les points saillants de la décision et les implications pratiques pour les personnes concernées.

La question centrale : le droit du tiers propriétaire

La Cour s'est penchée sur le cas d'un tiers, C. (D'AVINO P.), qui a contesté une décision de séquestre et de confiscation concernant un bien dont il affirmait être propriétaire, ayant acquis ce bien par usucapion avant l'intervention. La décision clarifie que, pour faire valoir son droit, le tiers doit d'abord se tourner vers le juge pénal de la prévention ou de l'exécution. Ce n'est qu'après avoir prouvé sa bonne foi qu'il pourra saisir le juge civil pour faire reconnaître l'usucapion.

Maxime de la décision et ses implications

ACTIVITÉ DE PRÉVENTION En général. Dans le cadre d'une procédure de séquestre et de confiscation ex l. n. 575 de 1965 ratione temporis en vigueur, le tiers qui prétend être propriétaire du bien pour l'avoir usucapé avant la confiscation ou le séquestre peut saisir le juge civil pour faire valoir son droit, seulement après s'être préalablement adressé au juge pénal de la prévention ou de l'exécution, dans les formes autorisées, afin de prouver sa bonne foi et obtenir la révocation de la décision de confiscation.

Cette maxime souligne un aspect fondamental du droit de défense : le tiers doit prouver non seulement qu'il est propriétaire du bien, mais aussi qu'il agit de bonne foi. Ce mécanisme sert à protéger l'intégrité du processus de prévention et à éviter les abus. L'obligation de contacter préalablement le juge pénal représente une couche supplémentaire de protection qui garantit que les droits des véritables propriétaires ne soient pas involontairement compromis.

Conclusions

L'Ordonnance n° 17813 de 2024 offre une importante clé de lecture sur l'équilibre délicat entre le droit de propriété et les mesures de prévention. Il est fondamental que les tiers comprennent l'importance de suivre la procédure prévue pour la protection de leurs droits. S'adresser au juge pénal avant de saisir le juge civil n'est pas seulement une formalité, mais une nécessité pour prouver sa bonne foi et garantir un procès équitable. Dans un contexte légal complexe comme celui de l'Italie, le recours à des experts en droit pénal et civil devient indispensable pour naviguer efficacement dans ces situations.

Cabinet d’Avocats Bianucci