Analyse de l'Arrêt n° 51659 du 2023 : Échange Électoral Politico-Mafieux

L'arrêt n° 51659 du 17 novembre 2023 de la Cour de Cassation représente une étape importante dans la jurisprudence italienne concernant les crimes contre l'ordre public, en particulier en ce qui concerne le crime d'échange électoral politico-mafieux, tel que défini à l'article 416-ter du Code Pénal. Cet arrêt clarifie les conditions nécessaires pour qu'un comportement puisse être considéré comme pénalement pertinent dans ce contexte spécifique.

Le contexte juridique de l'échange électoral politico-mafieux

Selon la Cour, l'objet matériel de l'évaluation offerte en échange de votes ne se limite pas à l'argent, mais peut également inclure des biens pouvant être traduits en valeurs économiques immédiatement quantifiables. Cependant, l'arrêt établit également que sont exclues les “utilités” qui ne peuvent être monétisées que de manière indirecte. Cet aspect a suscité une attention particulière, car il établit une frontière nette entre ce qui est considéré comme un échange illicite et ce qui ne l'est pas.

  • Argent et biens immédiatement quantifiables
  • Exclusion des utilités monétisables uniquement indirectement
  • Hypothèse relative au changement de destination urbanistique

Le cas concret examiné par la Cour

Dans l'hypothèse examinée, la Cour a exclu que l'utilité puisse découler du changement de destination urbanistique d'un terrain, destiné à permettre à la paroisse locale de réaliser une soupe populaire. Dans ce cas, il n'a pas été possible de prouver que l'accusé avait bénéficié d'un avantage économique direct résultant de cette action. Cette décision clarifie davantage les limites de la norme, en indiquant que les actions de bienveillance sociale, bien que louables, ne peuvent constituer un objet d'échange illicite aux fins de l'article 416-ter.

Échange électoral politico-mafieux - Objet matériel de l'échange - Notion - Hypothèse. Aux fins de la configuration du crime d'échange électoral politico-mafieux prévu par l'art. 416-ter du code pénal, l'objet matériel de l'évaluation offerte en échange de la promesse de votes peut être constitué non seulement par de l'argent, mais aussi par des biens traduisibles en valeurs d'échange immédiatement quantifiables en termes économiques, tels que les moyens de paiement autres que la monnaie, les objets précieux, les titres ou les valeurs mobilières, étant exclues du contenu prescriptif de la norme incriminatrice les autres "utilités", susceptibles d'être monétisées uniquement de manière indirecte. (Hypothèse dans laquelle la Cour a exclu que l'utilité puisse être trouvée dans le changement de destination urbanistique d'un terrain, visant à permettre à la paroisse locale de réaliser une soupe populaire, dont l'accusé ne retirait aucun avantage économique).

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 51659 du 2023 de la Cour de Cassation se présente comme un point de référence important pour l'interprétation du crime d'échange électoral politico-mafieux. Il clarifie les limites de l'applicabilité de la norme et distingue clairement entre les échanges illicites et les actes de charité, soulignant l'importance d'une analyse attentive et contextualisée des situations juridiques. Cela renforce la nécessité d'une interprétation rigoureuse des normes pénales, afin de garantir que le droit pénal ne soit pas utilisé de manière arbitraire, mais serve à protéger l'intégrité du système démocratique.

Cabinet d’Avocats Bianucci