Fraude aggravée pour des subventions publiques : commentaire sur l'arrêt n° 13573/2024

Le récent arrêt n° 13573 du 2 février 2024, déposé le 3 avril 2024, offre d'importants éléments de réflexion sur le thème de la fraude aggravée pour l'obtention de subventions publiques. En particulier, la Cour s'est prononcée sur la conduite d'un prévenu, A. R., accusé d'avoir enregistré de fausses factures relatives à la cession simulée d'e-books aux bénéficiaires du 'bonus culture'. Cet arrêt, qui rejette le recours présenté, mérite une analyse approfondie pour comprendre les implications juridiques et pratiques de la décision.

Le contexte de l'arrêt

La conduite d'A. R. s'inscrit dans un contexte d'utilisation frauduleuse d'outils de soutien public, en l'occurrence le 'bonus culture', pensé pour inciter à l'achat de livres et de produits culturels par les jeunes. La Cour a établi que la conduite du prévenu constitue le délit de fraude aggravée prévu à l'art. 640-bis du Code pénal, plutôt que celui de perception indue de subventions publiques prévu à l'art. 316-ter du même code. Cet aspect est fondamental, car il distingue clairement les deux catégories d'infraction.

Délit de fraude aggravée pour l'obtention de subventions publiques - Cession simulée d'e-books aux titulaires de "bonus culture" - Configurabilité du délit - Raisons. Constitue le délit de fraude aggravée pour l'obtention de subventions publiques, prévu à l'art. 640-bis du code pénal, et non celui de perception indue de subventions publiques, prévu à l'art. 316-ter du code pénal, la conduite de quiconque enregistre sur la plateforme numérique appropriée de fausses factures relatives à la cession simulée de livres au format numérique aux bénéficiaires du "bonus culture", à qui avaient été, en revanche, remis des biens de nature différente, compte tenu de l'activité frauduleuse préalablement mise en œuvre.

La distinction entre les délits

L'arrêt précise que pour la configurabilité du délit de fraude aggravée, il est nécessaire de démontrer l'existence d'une activité frauduleuse préordonnée. Cela implique que le prévenu a agi avec l'intention de tromper l'administration publique et d'obtenir illicitement un avantage économique. En revanche, le délit de perception indue de subventions publiques repose sur une conduite de réception de fonds sans le respect des conditions prévues. Dans ce cas, la Cour a souligné que l'enregistrement de fausses factures pour des biens différents de ceux réellement livrés constitue une manifestation claire de l'intention frauduleuse, configurant ainsi le délit de fraude aggravée.

Conclusions

L'arrêt n° 13573/2024 représente un précédent important dans la lutte contre les fraudes aux dépens des subventions publiques. La distinction entre fraude aggravée et perception indue de subventions publiques est cruciale pour la correcte application de la loi et pour la prévention de comportements frauduleux. Il est essentiel que les professionnels du droit prêtent attention à ces dynamiques pour garantir une justice équitable et efficace. La jurisprudence continue d'évoluer, et des arrêts comme celui-ci offrent des éléments précieux pour l'avenir.

Cabinet d’Avocats Bianucci