La faculté de sub-déléguer dans la plainte : commentaire sur l'arrêt n° 44782 du 2024

Le récent arrêt n° 44782 du 20 novembre 2024, rendu par la Cour de Cassation, offre des pistes de réflexion importantes concernant la figure du procureur spécial dans la gestion des plaintes. En particulier, la Cour aborde la question de la possibilité de sub-déléguer un tiers pour la présentation, la remise et l'acceptation de la plainte, en soulignant la nécessité que cette faculté soit expressément prévue par la procuration spéciale.

Le contexte normatif et jurisprudentiel

Selon la Cour, le procureur spécial a la faculté de déléguer un tiers pour accomplir des actes spécifiques, comme la proposition de la plainte, à condition que cette possibilité soit clairement indiquée dans la procuration. La Cour a souligné que, bien que ces actes ne soient pas détaillés dans le code de procédure, ils peuvent être régis selon les principes civils, qui permettent la sub-délégation lorsqu'elle est explicitement prévue.

Procuration spéciale pour la présentation de la plainte, pour sa remise et pour l'acceptation de la remise - Faculté de sub-déléguer un tiers si expressément prévue par la procuration - Existence - Raisons. Le procureur spécial, nommé pour la proposition de la plainte, pour sa remise ou pour l'acceptation de la remise, a la faculté de sub-déléguer un tiers pour la tâche, si cette faculté est prévue par la procuration spéciale. (Dans les motifs, la Cour a précisé que ces actes, bien qu'ils ne soient pas prévus par le code de procédure et dans les limites de compatibilité avec la nature et les objectifs qui leur sont reconnus par la loi, sont régis par les principes civils ordinaires, en vertu desquels il est pacifique la possibilité d'attribution expresse de la faculté de sub-délégation au procureur spécial).

Implications pratiques de l'arrêt

Ce jugement a plusieurs implications pratiques pour les professionnels du droit et leurs clients. Parmi les plus pertinentes, nous pouvons souligner :

  • La nécessité de rédiger des procurations spéciales claires et détaillées, qui incluent explicitement la faculté de sub-délégation.
  • Une plus grande flexibilité dans la gestion des plaintes, permettant de déléguer des tâches à des professionnels de confiance.
  • La possibilité pour les clients d'avoir une représentation légale plus efficace, en particulier dans des situations complexes où plusieurs acteurs peuvent être impliqués.

Conclusions

En résumé, l'arrêt n° 44782 du 2024 représente un important progrès dans la compréhension et l'application de la figure du procureur spécial dans le contexte pénal. Il clarifie les limites et les possibilités offertes par la loi, promouvant une plus grande sécurité juridique dans la gestion des plaintes. Pour les avocats, il est fondamental de prendre en considération ces indications afin de garantir une assistance correcte à leurs clients.

Cabinet d’Avocats Bianucci