Révélation de secrets de fonction : commentaire sur l'arrêt n° 16474 de 2024

Le récent arrêt n° 16474 du 20 mars 2024 de la Cour de Cassation offre une réflexion importante sur la notion de "nouvelle de fonction" et sur les limites de la révélation de secrets par des fonctionnaires. En particulier, la Cour a déclaré irrecevable un recours concernant la révélation d'informations relatives à des interceptions, apprises par le biais d'une lettre anonyme. Ce cas représente une opportunité d'explorer les implications juridiques de cette décision et son impact sur l'administration publique.

La notion de "nouvelle de fonction"

Selon l'arrêt, l'avertissement contenu dans la lettre anonyme ne peut pas être considéré comme une "nouvelle de fonction". Mais que signifie réellement ce terme ? La Cour définit "nouvelle de fonction" comme une information spécifique concernant des actes et des faits liés à l'activité institutionnelle. Par conséquent, une information générique, bien qu'alarmante, ne satisfait pas aux exigences pour être qualifiée comme telle. Ce clarissement est fondamental pour comprendre quelles informations peuvent effectivement être révélées sans encourir de sanctions.

Nouvelles de fonction qui doivent rester secrètes - Notion - Faits. En matière de révélation de secrets de fonction, l'avertissement, contenu dans une lettre anonyme et exprimé en termes totalement génériques, du risque découlant d'interceptions en cours ne constitue pas une "nouvelle de fonction", à entendre, dans la plus large latitude de la notion et indépendamment du support matériel qui éventuellement l'incorpore, comme une information spécifique concernant des actes et des faits fonctionnellement liés à l'activité institutionnelle. (En application du principe, la Cour a jugé que ne constituait pas le délit prévu à l'art. 326 du code pénal la révélation à des tiers du déroulement d'une activité d'interception, apprise par le fonctionnaire de manière informelle, par la réception d'une lettre anonyme).

Les implications pour les fonctionnaires

L'arrêt n° 16474 de 2024 a d'importantes implications pour les fonctionnaires, qui doivent prêter une attention particulière aux informations qu'ils reçoivent et à leur classification. En particulier :

  • Les informations génériques ne peuvent pas être divulguées sans une vérification adéquate de leur pertinence.
  • Les fonctionnaires doivent être conscients des sources d'où ils apprennent des nouvelles potentiellement sensibles.
  • Le respect de la loi doit prévaloir même en présence de pressions externes ou de demandes de divulgation.

Cette décision souligne l'importance de la confidentialité et de la protection des secrets de fonction, éléments fondamentaux pour maintenir l'intégrité des institutions et la confiance des citoyens.

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 16474 de 2024 de la Cour de Cassation sert d'avertissement pour les fonctionnaires concernant la gestion des informations sensibles. La distinction entre nouvelles de fonction et informations génériques est cruciale pour éviter des violations de la loi. Ce cas met en évidence l'importance d'une interprétation correcte des réglementations en vigueur, comme l'article 326 du code pénal, qui régit la révélation de secrets de fonction, contribuant à garantir la transparence et la responsabilité dans l'administration publique.

Cabinet d’Avocats Bianucci