Immigration clandestine et traitement inhumain : commentaire sur l'arrêt n° 30380/2024

Le récent arrêt n° 30380 du 12 juillet 2024, rendu par la Cour de cassation, offre d'importants éléments de réflexion en matière d'immigration clandestine et de droits de l'homme. En particulier, la Cour a examiné les caractéristiques du traitement inhumain et dégradant, définissant les limites dans lesquelles peut s'intégrer la circonstance aggravante prévue par l'art. 12, alinéa 3, lettre c), du D.Lgs. n. 286 de 1998.

Le contexte normatif et jurisprudentiel

Le décret législatif du 25 juillet 1998 n° 286, connu sous le nom de Code de l'immigration, régit les modalités d'entrée et de séjour des étrangers en Italie. L'article 12, en particulier, prévoit un ensemble d'aggravantes pour les violations liées à l'immigration clandestine. L'arrêt en question clarifie que, pour pouvoir configurer l'aggravante en question, il est nécessaire que le traitement subi par la personne transportée présente des caractéristiques d'inhumanité.

Immigration clandestine - Aggravante visée à l'art. 12, alinéa 3, lettre c), d.lgs. n. 286 de 1998 - Traitement inhumain et dégradant - Caractéristiques - Indication. En matière d'immigration clandestine, pour l'intégration de la circonstance aggravante visée à l'art. 12, alinéa 3, lettre c), d.lgs. 25 juillet 1998, n. 286, est inhumain le traitement qui a infligé à la personne transportée une souffrance physique ou psychologique, prolongée et d'une intensité particulière, capable de provoquer chez la victime des sentiments de peur et d'angoisse, et est dégradant le traitement qui cause une atteinte particulièrement grave à la dignité humaine, humiliant ou abaissant l'individu et suscitant des sentiments d'infériorité capables de briser sa résistance morale et physique.

Signification de la maxime

La maxime énoncée par la Cour représente un point de référence important pour l'évaluation des comportements liés à l'immigration clandestine. Elle souligne que le traitement inhumain ne doit pas se limiter à une simple condition de malaise, mais doit infliger une souffrance physique ou psychologique d'une intensité élevée. Dans ce contexte, le concept de dignité humaine joue un rôle central : un traitement dégradant non seulement humilie l'individu, mais peut également compromettre sa résistance morale et physique.

Implications pratiques de l'arrêt

  • Clarté sur les exigences pour l'aggravante en cas d'immigration clandestine.
  • Réaffirmation des droits de l'homme fondamentaux dans le contexte de l'immigration.
  • Possibles répercussions pour les procédures pénales liées à l'immigration.

La décision de la Cour de cassation non seulement fournit un guide pour les tribunaux italiens, mais s'aligne également avec les réglementations européennes en matière de droits de l'homme, en particulier avec l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui interdit les traitements inhumains et dégradants. Ces indications sont fondamentales pour garantir que les droits des personnes, même en situation d'irrégularité, soient toujours respectés.

Conclusions

En définitive, l'arrêt n° 30380 de 2024 représente un pas significatif dans la protection des droits de l'homme dans le contexte de l'immigration clandestine. Il clarifie les limites du traitement inhumain et dégradant, offrant une base solide pour de futures interventions législatives et jurisprudentielles. Il est essentiel que les institutions continuent à veiller et à garantir que chaque individu, indépendamment de son statut, puisse bénéficier d'un traitement digne et respectueux des droits fondamentaux.

Cabinet d’Avocats Bianucci