Commentaire sur l'Arrêt n° 18792 de 2022 : Les Déclarations au Curateur de Faillite et l'Interprète

L'arrêt n° 18792 du 20 décembre 2022, déposé le 4 mai 2023, représente une importante décision de la Cour de Cassation en matière de faillite et de preuves documentaires. Il se concentre sur l'utilisabilité des déclarations faites au curateur de faillite par des personnes de nationalité étrangère et sur la nécessité d'un interprète ou traducteur dans de tels contextes. Ce thème est d'une importance particulière, compte tenu de l'internationalisation du commerce et des interactions croissantes entre des personnes de différentes nationalités.

Le Contexte Normatif et Juridique

La Cour a examiné si les déclarations faites par une administratrice d'une société en faillite, de nationalité étrangère, pouvaient être considérées comme utilisables malgré ses difficultés à s'exprimer en italien. En particulier, le juge a souligné que les déclarations faites au curateur de faillite ne sont pas soumises aux mêmes règles que celles prévues pour les actes judiciaires par le code de procédure pénale et civile. Selon la Cour, les dispositions des articles 122 et 123 du code de procédure civile concernent exclusivement les actes judiciaires au sens strict, excluant donc la nécessité d'un interprète dans ce contexte spécifique.

  • Les déclarations doivent être recueillies en dehors de la procédure.
  • Les règles sur la traduction des actes ne s'appliquent pas aux déclarations faites au curateur.
  • La présence d'un avocat de confiance est considérée comme suffisante pour garantir la validité des déclarations.

Analyse de l'Arrêt

Déclarations faites au curateur par un sujet alloglotte - Nommer un interprète ou un traducteur - Nécessité - Exclusion - Raisons - Faits. Les déclarations faites au curateur de faillite, étant recueillies en dehors de la procédure, ne sont pas soumises aux règles du code de procédure pénale concernant la traduction des actes, ni ne peut, en ce qui les concerne, s'appliquer ce qui est prescrit par les articles 122 et 123 du code de procédure civile concernant la nomination de l'interprète et du traducteur, car ces règles concernent les actes judiciaires au sens propre et aussi les documents présentés par les parties. (En application du principe, la Cour a rejeté l'exception d'inutilisabilité des déclarations faites au curateur, sans l'aide d'un interprète, par l'administratrice de la société en faillite, sujet de nationalité étrangère qui, bien qu'elle comprenne la langue italienne, s'exprimait avec difficulté et avait été assistée, lors de l'audition, par son avocat de confiance).

La Cour a donc réaffirmé que, malgré les difficultés d'expression de la personne concernée, sa compréhension de la langue italienne et la présence de l'avocat ont rendu ses déclarations valablement utilisables. Cette approche souligne une importante distinction entre les actes judiciaires et les déclarations faites dans des contextes non formalisés, comme celui du curateur de faillite.

Conclusions

L'arrêt n° 18792 de 2022 représente un pas significatif dans la compréhension des dynamiques des déclarations faites au curateur de faillite. Il clarifie que, dans des contextes non judiciaires, les règles sur la traduction et l'interprétation ne s'appliquent pas, à condition que les parties impliquées puissent tout de même garantir une communication efficace et claire. Ce principe pourrait avoir une pertinence également dans d'autres domaines du droit, contribuant à une plus grande flexibilité dans les procédures impliquant des sujets étrangers et leurs déclarations.

Cabinet d’Avocats Bianucci