Commentaire sur l'Arrêt n° 19979 du 2024 : Responsabilité de l'Entrepreneur et Vices de l'Œuvre

La récente ordonnance n° 19979 du 19 juillet 2024 de la Cour de Cassation s'est concentrée sur un thème central dans le droit des marchés publics : la responsabilité de l'entrepreneur pour inexécution et la possibilité pour le maître d'ouvrage de soulever des non-conformités et des vices de l'œuvre. Cette décision représente une confirmation importante des principes juridiques déjà établis en la matière, offrant des éclaircissements significatifs pour les acteurs du secteur et les professionnels du droit.

Le Contexte Normatif

Selon le Code Civil Italien, en particulier les articles 1667 et 1460, le maître d'ouvrage a le droit de soulever à l'entrepreneur les non-conformités et les vices de l'œuvre, même lorsque la demande de garantie serait prescrite. Ce principe repose sur l'idée que personne ne peut exiger le paiement pour une œuvre présentant des vices, en vertu du principe de l'inexécution réciproque.

Responsabilité pour inexécution de l'entrepreneur - Applicabilité des principes généraux en matière d'inexécution des obligations - Existence - Conditions - Exception d'inexécution par le maître d'ouvrage - Admissibilité - Non-présentation de la demande de garantie - Irrelevance - Proposition d'une demande reconventionnelle - Nécessité - Exclusion - Applicabilité du principe également au contrat d'œuvre professionnelle. En matière d'inexécution du contrat de marché, lorsque l'œuvre est achevée, le maître d'ouvrage, assigné pour le paiement, peut opposer à l'entrepreneur les non-conformités et les vices de l'œuvre, en vertu du principe inadimpleti non est adimplendum auquel se rattache la disposition plus spécifique énoncée par le deuxième alinéa du dernier paragraphe de l'art. 1667 c.c., analogue à celle de portée générale de l'art. 1460 c.c. en matière de contrats à prestations réciproques, même lorsque la demande de garantie serait prescrite et, indépendamment de la proposition simultanée, par voie reconventionnelle, de ladite demande, qui peut également manquer, sans préjudice pour la recevabilité de l'exception examinée. (En l'espèce, la S.C. affirmant le principe a clarifié qu'il s'applique également dans le cas de prestation d'œuvre ex art. 2226 c.c.).

Implications Pratiques de l'Arrêt

L'ordonnance n° 19979 du 2024 établit que le maître d'ouvrage n'est pas obligé de présenter une demande de garantie pour pouvoir opposer les vices de l'œuvre. Cet aspect est crucial : souvent, les maîtres d'ouvrage peuvent avoir des difficultés à prouver la présence de vices, mais la Cour a réaffirmé que l'opposition est admissible même en l'absence d'une demande reconventionnelle. Cela simplifie considérablement la position du maître d'ouvrage, garantissant une meilleure protection de ses droits.

  • Le maître d'ouvrage peut contester l'entrepreneur sans avoir à prouver qu'il a déjà formulé une demande de garantie.
  • La responsabilité de l'entrepreneur est bien définie, facilitant la résolution des litiges.
  • Les principes des articles 1667 et 1460 c.c. s'appliquent également aux contrats d'œuvre professionnelle.

Conclusions

L'arrêt n° 19979 du 2024 représente un pas important en avant dans la protection des droits des maîtres d'ouvrage dans le contrat de marché. Avec la clarification des principes de responsabilité et la possibilité d'opposer des vices et des non-conformités de l'œuvre sans avoir à présenter une demande de garantie, une plus grande certitude juridique est offerte à tous les acteurs impliqués. Cette orientation de la Cour de Cassation s'aligne avec les réglementations européennes qui tendent à garantir la protection des parties les plus faibles dans les contrats.

Cabinet d’Avocats Bianucci