L'importance du principe de l'apparence du droit : commentaire sur l'Ordonnance n° 18345 de 2024

La récente Ordonnance n° 18345 du 4 juillet 2024 de la Cour de Cassation remet en lumière le principe de l'apparence du droit, régi par l'article 1189 du Code Civil. Cet arrêt est d'une importance particulière, car il clarifie comment et quand ce principe peut être invoqué, en particulier dans des contextes complexes tels que le paiement d'indemnités de médiation. Approfondissons ensemble les détails de cette ordonnance et ses implications.

Le principe de l'apparence du droit : définition et application

Le principe de l'apparence du droit s'applique dans des situations où il existe une disparité entre la réalité des faits et la situation juridique. Dans l'affaire examinée par la Cour, il a été question d'une erreur excusable de la part d'un tiers qui a effectué un paiement sans s'assurer de la réelle situation juridique du vendeur. Cela met en avant deux aspects fondamentaux :

  • La bonne foi du tiers impliqué.
  • La raisonnabilité de la confiance que le tiers a placée dans la situation de fait.

Il est important de souligner que le principe de l'apparence du droit ne peut pas être invoqué par ceux qui se trouvent dans une situation de faute, c'est-à-dire de négligence, pour ne pas avoir vérifié adéquatement la situation juridique. Dans cette affaire, la Cour a exclu que l'acheteur d'un terrain puisse se prévaloir de ce principe, ayant négligé de s'informer sur la réelle propriété du mur de clôture.

Le rôle du juge et les limites de la censure

Un autre aspect crucial mis en avant par l'arrêt concerne l'évaluation du juge du fond. Les conclusions auxquelles parvient le juge peuvent faire l'objet d'une censure en cassation, mais seulement si elles sont illogiques ou contradictoires. En l'espèce, la Cour a estimé que le juge avait correctement évalué la situation, excluant l'opérabilité du principe de l'apparence du droit en faveur de l'acheteur.

Principe de l'apparence du droit - Conditions - Identification - Invoquabilité par la personne en faute spécifique ou générale - Exclusion - Évaluation des faits par le juge du fond - Censurabilité en cassation - Limites - Affaire relative au paiement d'indemnités de médiation ex art. 874 c.c.. Le principe de l'apparence du droit ex art. 1189 c.c. trouve application lorsque subsiste un état de fait différent de la situation de droit et une erreur excusable du tiers concernant la conformité du premier à la réalité juridique, de sorte que le juge - dont les conclusions, sur ce point, sont censurables en cassation si illogiques et contradictoires - doit procéder à l'examen non seulement de la bonne foi du tiers, mais aussi de la raisonnabilité de sa confiance, qui ne peut être invoquée par celui qui se trouve en situation de faute, imputable à négligence, pour avoir négligé l'obligation, découlant de la même loi, ainsi que des normes de prudence commune, de s'assurer de la réalité des choses, facilement vérifiable. (En l'espèce, la S.C. a exclu l'opérabilité du principe en faveur de l'acheteur d'un terrain qui avait versé l'indemnité ex art. 874 c.c. au vendeur, non propriétaire du terrain adjacent, négligeant de s'informer sur la réelle situation juridique relative au mur de clôture).

Conclusions

L'Ordonnance n° 18345 de 2024 représente une réflexion importante sur le principe de l'apparence du droit et sur les limites de son application. Elle souligne l'importance d'une vérification précise de la situation juridique et l'obligation d'agir avec diligence. Pour les professionnels du droit, il est essentiel de prendre en compte ces aspects dans le conseil aux clients, afin qu'ils puissent éviter des problèmes juridiques liés à des erreurs d'évaluation dans le domaine des droits immobiliers.

Cabinet d’Avocats Bianucci