Arrêt n. 17746/2024 : La Prévalence du Droit de l'Enfitéute en Matière d'Affranchissement

Le récent arrêt de la Cour de Cassation n° 17746 du 27 juin 2024 apporte d'importants éclaircissements en matière d'enfitéose, un institut juridique qui régule la concession d'un fonds par un propriétaire (donneur) à une autre personne (enfitéute) avec le droit d'en exploiter les fruits. En particulier, la Cour a réaffirmé la prévalence du droit de l'enfitéute à l'affranchissement par rapport au droit du donneur à la résolution du contrat pour inexécution.

Le Contexte Normatif

Le système juridique italien régule l'enfitéose à travers les articles 971, 972 et 973 du Code Civil. Ces articles établissent les conditions et les modalités pour les demandes d'affranchissement, de dévolution ou de résolution pour inexécution. Il est fondamental de comprendre que, selon l'arrêt examiné, le droit de l'enfitéute de demander l'affranchissement ne peut être annulé par le droit du donneur de résoudre le contrat pour inexécution.

Art. 971, 972 et 973 c.c. - Demandes d'affranchissement, de dévolution ou de résolution pour inexécution - Prévalence du droit potestatif de l’enfitéute sur celui du donneur. En matière d'enfitéose, le système défini par les art. 971, 972 et 973 c.c., concernant les demandes d'affranchissement, de dévolution ou de résolution pour inexécution, consacre la prévalence du droit potestatif de l'enfitéute à l'affranchissement sur le droit potestatif du donneur à la résolution du contrat pour inexécution.

Analyse de l'Arrêt

La Cour de Cassation, présidée par L. O. et avec G. G. en tant que rapporteur, a examiné attentivement le cas de M. (Avocat Général de l'État) contre F. (Stronati Claudio). La question centrale portait sur la possibilité pour le donneur de résoudre le contrat d'enfitéose en raison d'un prétendu manquement de la part de l'enfitéute, qui n'avait pas apporté les améliorations requises au fonds. Cependant, la Cour a statué qu'en présence d'une demande d'affranchissement de la part de l'enfitéute, le donneur ne peut exercer son droit de résolution.

  • Prévalence du droit de l'enfitéute : l'enfitéute a la possibilité de demander l'affranchissement, même en cas d'inexécution.
  • Limitations au droit du donneur : ce dernier ne peut résoudre le contrat si l'enfitéute exerce son droit potestatif.
  • Importance de la protection des investissements : la décision de la Cour protège les investissements réalisés par l'enfitéute sur le fonds.

Conclusions

L'arrêt n° 17746/2024 représente un important pas en avant dans la protection du droit de l'enfitéute en Italie. Il clarifie que le droit à l'affranchissement prévaut sur d'éventuelles demandes de résolution de la part du donneur, soulignant le principe de la stabilité des relations juridiques. Cette orientation jurisprudentielle pourrait avoir un impact significatif sur les contrats d'enfitéose, fournissant une plus grande certitude et protection aux enfités, surtout dans un contexte économique où les investissements dans des améliorations foncières sont de plus en plus fréquents.

Cabinet d’Avocats Bianucci