Commentaire sur l'Arrêt n° 18454 de 2024 : Implications de la Titularisation des Créances

La récente ordonnance n° 18454 du 5 juillet 2024 émise par la Cour de Cassation a soulevé d'importantes questions relatives à la réglementation de la titularisation des créances, un thème de plus en plus pertinent dans le paysage juridique italien et européen. En particulier, la Cour s'est prononcée sur la possibilité pour le débiteur cédé de présenter des demandes reconventionnelles à l'encontre de la société de titularisation, clarifiant certains aspects fondamentaux de la loi n° 130 de 1999.

Le Contexte Normatif de la Titularisation

La loi n° 130 de 1999 a introduit en Italie la possibilité de titulariser les créances, établissant un régime juridique spécifique pour les opérations de titularisation. Selon cette réglementation, les créances cédées deviennent partie d'un patrimoine séparé, géré par une société véhicule, qui a pour mission de financer l'achat des créances et de satisfaire les droits des investisseurs. Cette séparation patrimoniale est fondamentale pour garantir la protection des investisseurs et la stabilité du système financier.

La Maxime de l'Arrêt

Créances faisant l'objet d'opérations de titularisation ex l. n. 130 de 1999 - Patrimoine séparé - Demandes reconventionnelles du débiteur cédé - À l'encontre du cessionnaire - Exclusion - Faits. Les créances faisant l'objet d'opérations de titularisation - réalisées conformément à la l. n. 130 de 1999, interprétée conformément au Règlement UE n° 2402 de 2017 - constituent un patrimoine séparé de celui de la société de titularisation (ci-après, société véhicule), destiné exclusivement à satisfaire les droits incorporés dans les titres émis pour financer l'achat de créances et au paiement des coûts de l'opération, de sorte qu'il n'est pas permis au débiteur cédé de proposer à la société de titularisation cessionnaire des demandes reconventionnelles pour des créances détenues contre le cédant découlant de la relation avec ce dernier. (En application du principe, la S.C. a cassé la décision de fond qui avait condamné solidairement la société dite véhicule à restituer aux clients de la banque cédante - dite originator - les intérêts indûment payés et résultant de la clôture d'un contrat de compte courant).

Ce principe établit clairement que le patrimoine séparé de la société véhicule a une fonction exclusive : garantir le paiement des droits des titulaires des titres émis. Par conséquent, le débiteur cédé ne peut pas utiliser ce patrimoine pour faire valoir des créances personnelles à l'encontre de la société de titularisation. Cette exclusion est fondamentale pour préserver l'intégrité du mécanisme de titularisation et fournir une sécurité aux investisseurs.

Implications Pratiques de l'Arrêt

  • Clarté sur la protection des droits des investisseurs.
  • Impossibilité pour le débiteur cédé d'opposer des créances antérieures.
  • Renforcement de la réglementation de la titularisation en ligne avec les réglementations européennes.

Cette décision s'inscrit dans une lignée jurisprudentielle visant à consolider la réglementation de la titularisation, alignant le droit italien sur le droit européen, en particulier le Règlement UE n° 2402 de 2017. La Cour de Cassation, par ce jugement, ne se contente pas de réaffirmer la séparation patrimoniale, mais offre également un important éclaircissement sur la protection des droits des investisseurs, contribuant à une plus grande stabilité du système financier.

Conclusions

En conclusion, l'ordonnance n° 18454 de 2024 représente un pas significatif dans la réglementation de la titularisation des créances. Elle clarifie l'impossibilité pour le débiteur cédé de soulever des demandes reconventionnelles à l'encontre de la société de titularisation, protégeant ainsi les droits des investisseurs et garantissant une plus grande sécurité dans les investissements. Les implications de cet arrêt sont destinées à influencer non seulement les pratiques juridiques, mais aussi la manière dont les acteurs du marché perçoivent et gèrent les créances titrisées.

Cabinet d’Avocats Bianucci