Commentaire sur l'Ordonnance n° 19293 de 2024 : La Décision Accélérée dans les Recours Irrécevables

Récemment, la Cour de Cassation a rendu l'Ordonnance n° 19293 du 12 juillet 2024, qui aborde la question de la légitimité constitutionnelle de l'art. 380-bis, alinéa 3, du Code de Procédure Civile. Cette norme est fondamentale pour la gestion des recours irrécusables, improcedibles ou manifestement infondés, car elle permet une procédure accélérée en chambre de conseil, plutôt qu'en audience publique. L'ordonnance s'inscrit dans un contexte plus large, où la rapidité de la procédure et la protection des droits des parties sont au cœur du débat juridique.

Le Contexte Normatif et la Question de Légitimité

L'art. 380-bis c.p.c. a été introduit pour simplifier les procédures civiles, permettant à la Cour de décider plus rapidement sur des recours qui ne présentent pas de fondements juridiques valables. Cependant, certains juristes ont soulevé des doutes sur la compatibilité de cette norme avec les principes d'équité et de justice, comme établi par les articles 24, 103, 111, 113 et 117 de la Constitution Italienne, ainsi que par les articles 6 et 13 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme (CEDH).

En particulier, les requérants ont contesté que la décision en chambre de conseil puisse limiter le droit à un procès équitable et public. Cependant, dans son jugement, la Cour a considéré que la question était manifestement infondée.

“de l'art. 380-bis, alinéa 3, c.p.c. dans la mesure où il stipule que, dans la procédure pour la décision accélérée des recours irrécusables, improcedibles ou manifestement infondés, à la suite de la demande de décision formulée par le requérant, la Cour procède en chambre de conseil, plutôt qu'en audience publique, car le traitement en chambre satisfait aux exigences de rapidité et d'économie procédurale, constitue un modèle procédural capable d'assurer un débat effectif et équitable entre les parties (et est une expression non déraisonnable de la discrétion réservée au législateur dans la configuration des institutions procédurales), garantit la participation du Procureur général (avec la faculté prévue de soumettre des conclusions écrites) et ne porte pas atteinte à l'essence collégiale de la juridiction de légitimité (n'ayant pas la proposition un caractère décisionnel, ni d'anticipation de jugement de la part du rapporteur).”

Les Implications de la Décision

Cette ordonnance représente une importante confirmation de la validité de la procédure accélérée, soulignant comment la rapidité et l'économie procédurale peuvent coexister avec les droits des parties. La Cour a souligné que le traitement en chambre de conseil ne porte pas atteinte au droit à un contradictoire, assurant que toutes les parties ont la possibilité d'exprimer leurs positions, même par la participation du Procureur Général.

  • Efficienza del système judiciaire.
  • Respect des droits fondamentaux des parties.
  • Clarté et transparence dans les procédures.

Conclusions

En conclusion, l'Ordonnance n° 19293 de 2024 réaffirme l'importance de la rapidité dans la justice civile, sans compromettre les droits des citoyens. La Cour a démontré qu'il est possible de trouver un équilibre entre l'efficacité de la procédure et le respect des droits fondamentaux, un thème de plus en plus pertinent dans le paysage juridique européen. La question de la légitimité constitutionnelle soulevée par les requérants a donc été clairement résolue, confirmant la validité de l'art. 380-bis c.p.c. et ouvrant la voie à une application plus pratique et rapide de la justice civile en Italie.

Cabinet d’Avocats Bianucci