Analyse de l'Arrêt n° 18625 du 08/07/2024 : Liberté d'Établissement et Jeux d'Argent

L'arrêt n° 18625 du 08 juillet 2024 de la Cour de Cassation s'inscrit dans un contexte juridique complexe, concernant les restrictions imposées par les législations nationales à l'activité de paris. Cette décision met en lumière les tensions entre les réglementations nationales et les directives européennes, en particulier en ce qui concerne la liberté d'établissement et la prestation de services. Dans cet article, nous analyserons le contenu de l'arrêt et ses implications.

Le Contexte de l'Arrêt

L'affaire a vu opposée une société de paris britannique, M. (J.), à l'État italien, après que ce dernier a nié l'accès aux procédures de sélection pour l'exercice de l'activité de paris. La Cour d'Appel de Rome, confirmée par la Cassation, a établi que cette exclusion ne violait pas le droit communautaire, se justifiant à la lumière d'objectifs d'intérêt général, tels que la lutte contre la criminalité et la protection des consommateurs.

Principes Juridiques Pertinents

Exceptions - Fondement - Hypothèse. Les restrictions imposées par la législation interne d'un État membre à l'exercice de l'activité de collecte, d'acceptation, d'enregistrement et de transmission de paris par des sociétés ayant leur siège dans un autre État membre constituent une violation des libertés d'établissement et de prestation de services prévues aux art. 49 et 56 T.F.U.E., si elles ne sont pas justifiées par des motifs impératifs d'intérêt général, tels que la protection des consommateurs, la prévention des fraudes et de l'incitation à des dépenses excessives liées aux jeux, ainsi que, plus généralement, des perturbations de l'ordre social, les États membres étant libres de fixer les objectifs de leur politique en matière de jeux d'argent et de définir en détail le niveau de protection recherché, sous la seule condition du respect des critères de proportionnalité. (En l'espèce, la S.C. a confirmé l'arrêt de fond qui avait rejeté la demande indemnitaire formulée par une société de paris britannique, opérant sur le territoire italien par l'intermédiaire d'un réseau d'agences, à l'encontre de l'État italien, en supposant que l'exclusion de l'accès aux procédures de sélection pour la prestation transfrontalière des services de paris - que la législation italienne ratione temporis applicable prévoyait pour les sociétés par actions à capital dispersé - ne constituait pas une violation du droit communautaire, se traduisant par une limitation de la libre prestation de services justifiée en considération d'objectifs spécifiques, tels que la lutte contre la criminalité et le contrôle des activités de jeux d'argent).

Implications pour le Secteur des Paris

Cet arrêt a des implications importantes pour les sociétés de paris qui souhaitent opérer en Italie. Elles doivent considérer que les restrictions liées à l'accès au marché peuvent être justifiées par la nécessité de protéger les consommateurs et de prévenir les fraudes. Voici quelques points clés :

  • Le respect des réglementations nationales est fondamental pour l'accès au marché italien.
  • Les justifications des restrictions doivent être proportionnées et bien motivées.
  • Les entreprises doivent être prêtes à démontrer leur conformité aux réglementations de protection des consommateurs.

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 18625 de 2024 représente un pas important dans la définition des limites à la liberté d'établissement dans le secteur des paris. Les entreprises doivent être conscientes des restrictions en vigueur et des justifications nécessaires pour opérer légalement. Il est essentiel que les acteurs du secteur comprennent ces dynamiques pour naviguer efficacement sur un marché en constante évolution.

Cabinet d’Avocats Bianucci