Contrôle fiscal : Analyse de l'Ordonnance n° 10615 de 2024

Le thème du contrôle fiscal est d'une importance cruciale pour chaque contribuable, car il touche directement la légitimité des impositions fiscales par l'Administration. L'ordonnance n° 10615 de 2024, émise par la Cour de Cassation, offre des éléments significatifs sur la question, clarifiant le rôle des présomptions dans l'évaluation des passifs déclarés.

Le Contexte Normatif

Conformément à l'article 39 du d.P.R. n° 600 de 1973 et à l'article 54 du d.P.R. n° 633 de 1972, l'Administration peut déduire l'inexistence de passifs déclarés ou de fausses indications même par des présomptions simples, à condition qu'elles soient graves, précises et concordantes. La Cour souligne donc qu'il n'est pas nécessaire que le Bureau fournisse des preuves certaines, mais plutôt que le juge fiscal de fond doit évaluer attentivement les preuves présomptives fournies.

Inexistence de passifs ou fausses indications - Fardeau de la preuve du Bureau - Présomptions graves, précises et concordantes - Évaluation par le juge de fond fiscal - Critères - Preuve contraire du contribuable. En matière de contrôle fiscal relatif tant à l'imposition directe qu'à la TVA, la loi - respectivement art. 39, alinéa 1, du d.P.R. n° 600 de 1973 (cité par l'article 40 suivant concernant la rectification des déclarations de sujets autres que les personnes physiques) et art. 54 du d.P.R. n° 633 de 1972 - prévoit que l'inexistence de passifs déclarés, dans le premier cas, ou les fausses indications, dans le second, peuvent être déduites également sur la base de présomptions simples, pourvu qu'elles soient graves, précises et concordantes, sans nécessité que le Bureau fournisse des preuves "certaines" ; par conséquent, le juge fiscal de fond, saisi du litige sur la légitimité et la fondement de l'acte imposable, doit évaluer, individuellement et globalement, les éléments présomptifs fournis par l'Administration, en indiquant dans la motivation les résultats de son jugement (susceptible de pourvoi en cassation non pour le fond, mais exclusivement pour inadaptation ou incongruité logique des motifs qui le soutiennent) et seulement dans un second temps, s'il estime que ces éléments présentent les caractères de gravité, de précision et de concordance, il doit permettre l'évaluation de la preuve contraire présentée par le contribuable, qui en est chargé conformément aux articles 2727 et suivants et 2697, alinéa 2, c.c.

Le Rôle du Juge Fiscal

La Cour de Cassation, dans sa décision, réaffirme que le juge fiscal doit procéder à une analyse attentive des éléments fournis par l'Administration. Cela signifie que le juge ne se limite pas à confirmer l'action du Bureau, mais doit évaluer si les présomptions présentées sont suffisamment graves, précises et concordantes. Ce n'est qu'après avoir établi la fondement de telles présomptions que le juge peut examiner la preuve contraire présentée par le contribuable, qui a le fardeau de démontrer l'inexactitude des affirmations de l'Administration.

Conclusions

En résumé, l'ordonnance n° 10615 de 2024 donne une indication claire sur la manière de contrôler les impôts directs et la TVA. Elle souligne l'importance des présomptions dans l'évaluation des passifs déclarés et le rôle crucial du juge fiscal dans la décision sur la légitimité des actes imposables. La décision offre un guide important pour les contribuables et pour les praticiens du droit, suggérant un examen attentif des preuves et des présomptions présentées lors du contrôle fiscal.

Cabinet d’Avocats Bianucci