légitimation de l'administrateur de la copropriété : Commentaire sur l'Ordonnance n° 21506 de 2024

Récemment, l'Ordonnance n° 21506 du 31 juillet 2024 a abordé un thème crucial en matière de copropriété et de légitimation passive de l'administrateur. La Cour de Cassation a confirmé sa position concernant la possibilité pour l'administrateur d'agir en justice pour la suppression d'œuvres communes, sans avoir besoin d'intégrer le contradictoire avec les copropriétaires. Cet arrêt, en plus de clarifier des aspects juridiques fondamentaux, souligne l'importance de la gestion de la copropriété dans des contextes litigieux.

Le Contexte Normatif

La question centrale dans l'ordonnance examinée tourne autour de l'article 1131 du Code Civil, qui établit que l'administrateur de la copropriété est légitimé passivement dans tous les litiges concernant les intérêts communs. Cela signifie que, contrairement à d'autres situations juridiques où un litisconsortium passif est nécessaire, dans ce cas, l'administrateur peut agir sans avoir à convoquer chaque copropriétaire.

Actions négatoires et confessoires de servitude - Demande de suppression d'œuvres communes - Légitimation passive de l'administrateur - Existence - Intégration du contradictoire à l'égard des copropriétaires - Nécessité - Exclusion. Le deuxième alinéa de l'art. 1131 c.c., en prévoyant la légitimation passive de l'administrateur concernant chaque litige ayant pour objet des intérêts communs des copropriétaires (sans distinguer entre actions d'expertise et actions constitutives ou de condamnation), déroge à la réglementation applicable aux autres hypothèses de pluralité de sujets passifs, répondant ainsi au besoin de faciliter la convocation en justice de la copropriété, sans avoir besoin de promouvoir le litisconsortium passif à l'égard des copropriétaires. Par conséquent, en ce qui concerne les actions négatoires et confessoires de servitude, la légitimation passive de l'administrateur de la copropriété existe même lorsque l'action vise à obtenir la suppression d'œuvres communes.

Implications de l'Arrêt

Cet arrêt a des implications pratiques importantes pour les copropriétaires et pour la gestion des litiges en matière de copropriété. En particulier, il clarifie que :

  • L'administrateur a le pouvoir d'agir sans impliquer directement chaque copropriétaire, simplifiant ainsi les procédures légales.
  • La légitimation passive est étendue également aux actions concernant la suppression d'œuvres communes, rendant plus efficace la résolution des litiges.
  • La Cour a voulu garantir une protection adéquate des intérêts communs, favorisant l'unité et la cohésion au sein de la copropriété.

Conclusions

En conclusion, l'Ordonnance n° 21506 de 2024 représente un pas significatif dans la reconnaissance de la légitimation de l'administrateur de la copropriété. La simplification du processus légal permet de traiter avec plus d'efficacité les litiges concernant les œuvres communes et les servitudes. Il est essentiel que les copropriétaires et les administrateurs soient conscients de ces dispositions pour garantir une gestion de la copropriété plus fluide et collaborative.

Cabinet d’Avocats Bianucci