Commentaire sur l'Ordonnance n° 15861 de 2024 : la validité de la clause compromissoire 'par relation'

La récente Ordonnance n° 15861 du 6 juin 2024, rendue par la Cour de Cassation, offre une importante opportunité de réflexion sur l'interprétation des clauses compromissoires, en particulier celles 'par relation' dans le domaine de l'arbitrage international. L'arrêt clarifie les conditions nécessaires pour que ces clauses puissent être considérées comme valides, établissant des principes fondamentaux pour leur application.

Le contexte normatif

La Cour s'est prononcée sur la base de l'art. 2 de la Convention de New York du 10 juin 1958 et de l'art. 808 du Code de procédure civile (c.p.c.). Ces normes établissent que les parties peuvent soumettre aux arbitres étrangers la résolution de litiges futurs par le biais d'une clause compromissoire. Cependant, la forme écrite est essentielle. En particulier, pour les clauses 'par relation', il est fondamental que le renvoi au document contenant la clause soit explicite et spécifique.

  • Renvoi explicite et spécifique : il est nécessaire qu'il y ait une référence claire à la clause compromissoire.
  • Renvoi générique : un simple renvoi au document ou au formulaire n'est pas suffisant, car il ne garantit pas la prise de conscience des parties.
  • Prise de conscience des parties : il est crucial que les deux parties soient pleinement informées de la dérogation à la juridiction ordinaire.

La maxime de l'arrêt

Convention de New York du 10 juin 1958 - Forme écrite du consentement des contractants - Clause compromissoire "par relation" à un autre acte ou document - Validité - Conditions - Fondement. Conformément à l'art. 2 de la Convention de New York du 10 juin 1958 et à l'art. 808 c.p.c., dans le cadre de l'arbitrage international, il peut être déféré aux arbitres étrangers, de manière préventive et éventuelle, la décision de litiges non encore survenus par le biais d'une clause compromissoire, rédigée par écrit "ad substantiam", qui identifie avec précision les futurs litiges découlant du contrat principal ; pour les clauses compromissoires "par relation" - c'est-à-dire, prévues dans un autre acte ou document auquel le contrat fait référence - ledit requisitoire de forme est satisfait si le renvoi, contenu dans le contrat, prévoit un renvoi explicite et spécifique de la clause compromissoire, et non s'il est générique, c'est-à-dire un simple renvoi au document ou au formulaire contenant la clause, car seul celui qui est explicite assure la pleine prise de conscience des parties concernant la dérogation à la juridiction.

Conclusions

L'ordonnance n° 15861 de 2024 représente un important éclaircissement dans le domaine de l'arbitrage international, établissant des critères clairs pour la validité des clauses compromissoires 'par relation'. Il est fondamental, pour les parties impliquées dans des contrats internationaux, de prêter attention à la rédaction des clauses compromissoires, en s'assurant qu'elles soient formulées de manière à garantir la prise de conscience et l'accord explicite sur d'éventuelles dérogations à la juridiction ordinaire. Ce n'est qu'avec une attention adéquate à ces détails qu'il est possible d'éviter de futurs litiges et de garantir la correcte application des normes arbitrales.

Cabinet d’Avocats Bianucci