Servitudes et légitimation passive : commentaire sur l'Ordonnance n° 11601 de 2024

La récente Ordonnance n° 11601 du 30 avril 2024, émise par la Cour de Cassation, apporte des éclaircissements significatifs concernant la légitimation passive en matière de servitudes. En particulier, la Cour s'est concentrée sur qui peut être considéré comme légitimé passivement en cas de contestation de l'existence d'une servitude. Cet aspect est crucial pour la protection des droits des propriétaires et des titulaires de servitudes, ainsi que pour la gestion des conflits entre les parties.

Le concept de légitimation passive

La légitimation passive, selon la Cour, revient principalement à celui qui conteste l'existence de la servitude et a un rapport actuel avec le fonds servant. Cela inclut le propriétaire, le copropriétaire, le titulaire d'un droit réel sur le fonds ou le possesseur en son nom. Cette approche juridique est conforme à ce qui est établi par le Code Civil italien, qui prévoit que seul à l'encontre de ces sujets peut être opposé le jugement d'expertise.

  • La légitimation passive est donc liée à un lien actuel avec le fonds servant.
  • Le jugement d'expertise peut être opposé uniquement à ces sujets.
  • En cas de trouble à l'égard du titulaire de la servitude, une action en remise en état est possible.
SERVITUDE - CONFESSOIRE (DU POSSESSO DE SERVITUDE) - LÉGITIMATION Légitimation passive - Titularité - Conditions - Fondement. En matière de servitude confessoria, la légitimation du côté passif revient d'abord à celui qui, en plus de contester l'existence de la servitude, a un rapport actuel avec le fonds servant (propriétaire, copropriétaire, titulaire d'un droit réel sur le fonds ou possesseur en son nom), le jugement d'expertise ne pouvant être opposé qu'à ces sujets, contenant, même implicitement, l'ordre de s'abstenir de toute perturbation à l'égard du titulaire de la servitude ou de remise en état selon l'art. 2933 c.c.; les auteurs matériels de la violation du droit de servitude peuvent, quant à eux, être éventuellement poursuivis en justice en tant que destinataires de l'action selon l'art. 1079 c.c., uniquement si leur comportement a concouru avec celui de l'un des sujets susmentionnés, ou a de toute façon impliqué la contestation de la servitude, tout en restant entendu que, à leur égard, peuvent être engagées, selon l'art. 2043 c.c., l'action en réparation du dommage et, en vertu de l'art. 2058 c.c., l'action en réduction en état avec l'élimination des troubles et des nuisances.

Les conséquences de la décision

Cette ordonnance a plusieurs implications pratiques. D'une part, elle clarifie que la légitimation passive en matière de servitudes n'est pas étendue à ceux qui n'ont pas de rapport direct avec le fonds servant. D'autre part, elle établit que les auteurs matériels de la violation du droit de servitude ne peuvent être appelés en justice que dans des circonstances spécifiques. Cela signifie que, pour protéger son droit, le titulaire de la servitude doit d'abord identifier le sujet légitimé passivement.

Conclusions

L'Ordonnance n° 11601 de 2024 représente une étape importante dans la jurisprudence italienne concernant les servitudes. Elle ne se contente pas de réaffirmer les principes de légitimation passive, mais souligne également l'importance d'un rapport actuel avec le fonds servant pour faire valoir les droits légaux. Cet éclaircissement est fondamental pour éviter les conflits et garantir l'application correcte des normes en matière de servitudes. La compréhension de telles dynamiques est cruciale pour quiconque opère dans le secteur immobilier ou se trouve à gérer des questions juridiques relatives aux droits de servitude.

Cabinet d’Avocats Bianucci