Ordonnance n. 11557 du 2024 : Le fardeau de la preuve dans les règlements de frontières

La récente ordonnance n. 11557 du 30 avril 2024 de la Cour de Cassation offre d'importants éclaircissements concernant le fardeau de la preuve dans le contexte des actions de règlement de frontières. Ce sujet est d'un intérêt majeur pour tous ceux qui doivent faire face à des litiges relatifs aux frontières entre propriétés, car il établit des principes fondamentaux pour la résolution de telles disputes.

Le contexte juridique

Dans le cas spécifique, la Cour a traité le conflit entre F. (G. G.) et D. (S. Z.), où il était question de la détermination correcte de la ligne de frontière entre les propriétés respectives. La Cour d'Appel de Venise, appelée à se prononcer sur la question, avait déjà exprimé son propre jugement, mais l'affaire a ensuite été portée devant la Cassation pour un nouvel examen.

Principes établis par la Cour

Dans l'action de règlement de frontières, il incombe à la fois au demandeur et au défendeur le fardeau d'alléguer et de fournir tout moyen de preuve apte à déterminer la ligne de frontière exacte, tandis que le juge, totalement délié du principe "actore non probante reus absolvitur", doit déterminer la frontière en fonction des éléments qui lui semblent les plus fiables, en recourant en dernière analyse aux résultats cadastraux, ayant valeur subsidiaire.

La maxime ci-dessus clarifie de manière indéniable que dans la procédure de règlement de frontières, les deux parties ont une responsabilité active dans la fourniture de preuves pour soutenir leurs affirmations concernant la ligne de frontière. Ce principe est particulièrement significatif car il contraste avec la règle générale selon laquelle celui qui agit en justice doit prouver les faits constitutifs de sa demande.

Les implications pratiques

Ces principes ont plusieurs implications pratiques :

  • Les deux parties doivent se préparer adéquatement, en rassemblant des preuves qui peuvent soutenir leur position.
  • Le juge a un rôle actif dans l'évaluation des preuves, pouvant choisir celles qu'il juge les plus crédibles et pertinentes.
  • Les cartes cadastrales, bien qu'utilisables, sont considérées comme un élément subsidiaire, ce qui implique que le juge peut décider de ne pas s'y fonder exclusivement.

La décision de la Cour de Cassation s'inscrit dans un contexte jurisprudentiel déjà consolidé, comme le démontre la maxime précédente n. 10062 de 2018, qui avait déjà établi des lignes directrices similaires en la matière. Cela démontre comment la Cour continue de maintenir une position cohérente et rigoureuse sur la question des charges de preuve dans les règlements de frontières.

Conclusions

En conclusion, l'ordonnance n. 11557 du 2024 représente un important progrès dans la clarification du fardeau de la preuve dans les procédures de règlement de frontières. Elle souligne la nécessité pour les deux parties d'être diligentes dans la collecte des preuves, et confirme le rôle crucial du juge dans la détermination de la vérité matérielle, en se basant sur des preuves qui peuvent réellement identifier la ligne de frontière. Cette orientation jurisprudentielle non seulement protège les droits de propriété, mais favorise également une résolution plus équitable et juste des litiges en matière de frontières.

Cabinet d’Avocats Bianucci