Juridiction de la Cour des Comptes : Analyse de l'Ordonnance n° 19452 de 2024

La récente Ordonnance n° 19452 du 15 juillet 2024 de la Cour de Cassation a soulevé des questions intéressantes concernant la juridiction applicable dans le cas d'une action en responsabilité à l'encontre de personnes privées. Cet arrêt clarifie les lignes de démarcation entre la juridiction ordinaire et celle des comptes, soulignant l'importance de la relation de service public.

Le Contexte Juridique

La Cour des Comptes, selon l'article 103 de la Constitution, est compétente pour les litiges concernant la responsabilité des agents publics. Cependant, la jurisprudence a établi que la juridiction peut varier en fonction de la nature de la relation entre la personne privée et l'administration publique (A.P.). En particulier, l'ordonnance en question établit que l'action en responsabilité à l'encontre d'une personne privée est dévolue à la juridiction de la Cour des Comptes seulement s'il existe une relation de service.

La Décision de la Cour

Action en responsabilité à l'encontre d'une personne privée - Juridiction ordinaire ou des comptes - Critères de répartition - Relation de service public - Pertinence - Hypothèse. L'action en responsabilité à l'encontre d'une personne privée est dévolue à la juridiction de la Cour des Comptes lorsque existe une relation de service, en vertu de laquelle la première a été temporairement intégrée dans l'appareil organisationnel de l'A.P. pour l'exécution d'une activité ou d'un service d'intérêt public, tandis que la juridiction ordinaire s'applique dans le cas où l'on soutient que le dommage découle de l'inexécution des obligations incombant à la personne privée, en tant que partie contractante de l'A.P. (En l'espèce, la S.C. a renvoyé à la juridiction ordinaire la demande indemnitaire à l'encontre d'une société titulaire d'une concession de carrière et de son représentant légal, en relation avec le non-paiement de la redevance communale et de la taxe sur le transport des marbres, sur la base de la qualification de ces dernières comme obligations contractuelles étrangères à une relation de service, tendant à indemniser le non-exploitation du bien public par l'A.P.).

Dans l'hypothèse analysée, le dommage était lié à l'inexécution d'obligations contractuelles, ce qui a conduit la Cour à conclure qu'il s'agissait d'un cas de juridiction ordinaire plutôt que des comptes. Cette distinction est cruciale, car elle détermine non seulement le tribunal compétent, mais aussi les modalités d'action et les droits des parties impliquées.

Implications Pratiques de l'Arrêt

  • Clarté sur les critères de répartition entre juridiction ordinaire et des comptes.
  • Importance de la relation de service public dans la qualification de la juridiction.
  • Possibilité pour les personnes privées de contester les décisions de l'A.P. en instance ordinaire.

Cet arrêt représente un pas significatif pour la définition des frontières entre les deux juridictions et fournit un guide utile pour les futurs litiges en matière de responsabilité. Il invite à réfléchir sur l'importance de la qualification des relations entre privés et administration publique, soulignant que non chaque obligation n'implique automatiquement la juridiction de la Cour des Comptes.

Conclusions

En conclusion, l'Ordonnance n° 19452 de 2024 de la Cour de Cassation offre une vision claire et précise concernant la juridiction applicable en matière de responsabilité des personnes privées à l'égard de l'A.P. Cet arrêt non seulement clarifie les distinctions juridiques mais a également un impact pratique significatif sur les stratégies légales à adopter dans des situations similaires. Il est fondamental que les professionnels du droit comprennent ces dynamiques pour mieux assister leurs clients dans des contextes de responsabilité civile et contractuelle.

Cabinet d’Avocats Bianucci