Ordonnance n° 16552 de 2024 : Excusabilité de l'erreur dans le dépôt électronique

La décision n° 16552 du 13 juin 2024, rendue par la Cour de Cassation, met en lumière un sujet d'actualité pertinent dans le contexte du droit processuel civil : l'excusabilité de l'erreur dans le dépôt électronique des actes. La Cour, présidée par F. De Stefano et rapporteur M. Rossetti, a dû se prononcer sur un cas où un dépôt électronique avait été effectué à une adresse PEC non plus active, générée automatiquement par un logiciel.

Le cas spécifique

Dans cette affaire, le contre-recourant avait effectué un dépôt qui, bien que formellement régulier, s'était révélé inefficace en raison d'une erreur informatique. La Cour a jugé que cette erreur était excusable, justifiant sa décision par le fait que l'utilisateur n'était pas en mesure de prévenir ou d'intercepter l'erreur avec la diligence ordinaire. Cette approche est particulièrement significative, car elle reconnaît l'évolution technologique et ses implications dans le droit.

En matière de pourvoi en cassation, l'erreur dans le dépôt électronique de l'acte - effectué à une adresse PEC non plus active - doit être considérée comme excusable si elle est provoquée par un logiciel et que l'utilisateur n'est pas en mesure de la prévenir ou de l'intercepter avec la diligence ordinaire exigible d'un individu moyen, ne pouvant exiger un niveau de compétence technique spécialisée dans un domaine encore marqué par un fort technicisme et une difficile intuition des modalités de fonctionnement relatives.

Implications juridiques et techniques

Cette décision souligne l'importance d'une approche équilibrée dans l'évaluation des responsabilités des utilisateurs dans des situations où la technologie joue un rôle crucial. Les normes en vigueur, en particulier l'article 153 du Code de procédure civile, établissent que le dépôt des actes doit se faire selon des modalités spécifiques, mais il n'est pas toujours possible de prévoir les erreurs informatiques.

  • La Cour a souligné qu'il n'est pas exigé des utilisateurs un niveau de compétence technique spécialisée.
  • Il est nécessaire que les utilisateurs puissent compter sur des outils adéquats garantissant la correction du dépôt.
  • La rapidité du second dépôt, effectué après la prise de conscience de l'erreur, a été considérée comme un élément favorable.

Conclusions

La décision n° 16552 de 2024 représente une avancée importante vers une meilleure compréhension des dynamiques entre le droit et la technologie. Reconnaître l'excusabilité de l'erreur dans le dépôt électronique permet de protéger les droits des utilisateurs et de promouvoir un système juridique plus accessible et équitable. Il est fondamental que les professionnels du droit soient conscients de ces évolutions et se préparent à relever les défis découlant de l'utilisation de plus en plus répandue des technologies dans le processus civil.

Cabinet d’Avocats Bianucci