Fusion par Incorporation et Faillite : Analyse de l'Arrêt n° 18261/2024

Le récent arrêt n° 18261 du 3 juillet 2024, rendu par la Cour de Cassation, offre d'importants éclaircissements concernant la fusion par incorporation de sociétés insolvables et les conséquences légales en matière de faillite. Cet arrêt s'inscrit dans un cadre juridique complexe, où les normes civiles et faillitaires s'entrelacent, soulignant l'importance de comprendre le processus d'extinction de l'incorporée et les procédures à suivre.

Le Contexte de l'Arrêt

Dans cette décision, il est souligné que la fusion par incorporation entraîne l'extinction de la société incorporée. Cela implique que, dans le cas où cette dernière serait insolvable, elle peut être soumise à la faillite dans l'année suivant sa radiation du registre des entreprises, conformément à ce qui est établi par l'article 10 de la Loi sur la Faillite. Cet aspect est crucial pour les créanciers, car la possibilité de déclarer la faillite de l'incorporée persiste, malgré son extinction formelle.

Instaurer le Contradictoire et Rôle de la Société Incorporante

L'arrêt clarifie également la nécessité d'une correcte instauration du contradictoire, comme prévu par l'article 15 de la Loi sur la Faillite. Ici, il est mis en évidence que, bien que la société incorporée soit éteinte, elle conserve sa propre identité aux fins de la déclaration de faillite. Cet aspect est fondamental, car il implique que les droits des créanciers doivent être protégés par le respect des procédures légales appropriées.

  • La société incorporante a la faculté d'intervenir dans le jugement préfaillitaire.
  • Elle peut proposer un recours contre l'arrêt de faillite de l'incorporée.
  • Le débiteur destinataire de la notification de la demande est identifié dans la société incorporée, malgré l'extinction.
Fusion par incorporation - Société incorporée insolvable - Applicabilité de l’art. 10 loi faill. - Existence - Instauration du contradictoire à l'encontre de la société incorporée - Nécessité - Société incorporante - Faculté d'intervention. En matière de faillite, la fusion par incorporation, réalisant une situation d'extinction-succession des sociétés impliquées, entraîne l'extinction de l'incorporée qui, si elle est insolvable, peut être soumise à la faillite dans l'année suivant sa radiation du registre des entreprises, conformément à l'art. 10 loi faill. Ainsi, pour une correcte instauration du contradictoire selon l'art. 15 loi faill., le débiteur destinataire de la notification de la demande et de l'avis de convocation doit être identifié dans la société incorporée qui, bien qu'éteinte, conserve son identité aux fins d'une éventuelle déclaration de faillite, la société incorporante pouvant également intervenir dans le jugement préfaillitaire et proposer un recours en tant que partie intéressée contre l'éventuel arrêt de faillite de la société incorporée elle-même.

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 18261/2024 représente un pas important dans la compréhension des dynamiques liées à la fusion par incorporation et à la faillite. Il rappelle que, même dans des situations complexes comme celles des sociétés insolvables, les règles juridiques doivent être suivies scrupuleusement pour garantir la protection des droits des créanciers. La fonction de la société incorporante n'est pas seulement passive, mais active, lui permettant de protéger ses intérêts dans un contexte d'incertitudes et de risques juridiques.

Cabinet d’Avocats Bianucci