Cession de créance à des fins de garantie : commentaire sur l'arrêt n° 19358 de 2024

L'arrêt n° 19358 du 15 juillet 2024 de la Cour de Cassation offre un éclaircissement important concernant la cession de créance à des fins de garantie. Ce thème, d'une importance cruciale dans le droit des obligations, mérite une analyse approfondie pour comprendre pleinement les conséquences juridiques et les dynamiques entre cédant et cessionnaire.

La nature juridique de la cession de créance

La Cour, dirigée par le Président R. G. A. et le Rapporteur F. M. C., réaffirme que la cession de créance peut avoir une fonction exclusive de garantie. Cela signifie que la créance cédée entre dans le patrimoine du cessionnaire et devient une créance qui lui appartient, le légitimant à actionner la créance originelle ainsi que celle cédée en garantie, tant que l'obligation du débiteur garanti est encore en cours.

  • Le cessionnaire peut exercer des droits sur les créances cédées.
  • Si l'obligation garantie s'éteint, la créance reviendrait automatiquement au cédant.
  • Aucune activité négociable n'est nécessaire pour le retransfert de la créance.

Effets de la cession de créance

Un aspect crucial souligné par l'arrêt concerne les effets de la cession. En cas d'extinction totale ou partielle de l'obligation garantie, la créance cédée est automatiquement retransférée dans la sphère juridique du cédant, sans que le cessionnaire ait à accomplir d'autres actes. Ce mécanisme automatique est similaire à celui de la condition résolutoire, garantissant une fluidité dans les transactions et une protection pour le cédant.

Transfert de créance à des fins de garantie - Effets - En général - Recouvrement de la créance cédée à des fins de garantie - Légitimation du cessionnaire - Limites - Extinction (totale ou partielle) de l'obligation garantie - Conséquence - Retransfert dans la sphère juridique du cédant, dans la même mesure, de la créance cédée - Existence - Opérationnalité - Automatique. La cession de créance, ayant une cause variable, peut également avoir une fonction exclusive de garantie, entraînant dans ce cas le même effet, typique de la cession ordinaire, immédiatement translative du droit au cessionnaire, en ce sens que la créance cédée entre dans le patrimoine du cessionnaire et devient une créance propre à ce dernier, qui est donc légitimé à actionner à la fois la créance originelle et celle qui lui a été cédée en garantie, tant que l'obligation du débiteur garanti persiste ; en revanche, si l'extinction, totale ou partielle, de l'obligation garantie se produit, la créance cédée à des fins de garantie, dans la même quantité, se retransfère automatiquement dans la sphère juridique du cédant, avec un mécanisme analogue à celui de la condition résolutoire, sans qu'il soit donc nécessaire, de la part du cessionnaire, d'une activité négociable à cet effet.

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 19358 de 2024 représente une pièce importante dans la compréhension de la cession de créance à des fins de garantie. Il clarifie les droits et les devoirs des parties impliquées, ainsi que les modalités de transfert de la créance. Ce prononcé de la Cour de Cassation non seulement fournit un guide pour les praticiens du droit, mais contribue également à une plus grande certitude juridique dans les transactions économiques.

Cabinet d’Avocats Bianucci