Analyse de l'Ordonnance n° 18522 de 2024 : l'Avis du Commissaire et son Rôle dans l'Administration Exceptionnelle

La récente Ordonnance n° 18522 du 8 juillet 2024, émise par la Cour de Cassation, offre d'importants éclaircissements concernant l'avis aux créanciers prévu par l'art. 207 de la loi sur les faillites. Ce dispositif, de grande importance dans le contexte des procédures d'administration exceptionnelle, mérite une analyse approfondie pour comprendre quelles sont ses implications pour les créanciers et la formation de l'état passif.

Le Rôle de l'Avis aux Créanciers

L'ordonnance clarifie que l'avis aux créanciers, obligatoire pour le commissaire, ne doit pas être interprété comme un acte de reconnaissance des créances. En effet, l'avis a une fonction d'information, permettant aux créanciers d'être au courant de la pendante procédure et d'exercer leurs droits. Cet aspect est fondamental pour garantir la transparence et l'équité de la procédure de faillite.

Avis du commissaire ex art. 207 loi faill. - Portée - Communication aux créanciers et aux tiers des résultats de la comptabilité - Efficacité préclusive sur la formation de l'état passif - Exclusion. En matière de constatation du passif dans l'administration exceptionnelle, l'avis aux créanciers pour la vérification, prévu par l'art. 207 l.fall., constitue un acte dû à la charge du commissaire, destiné à une simple provocatio ad agendum envers ceux qui apparaissent comme créanciers sur la base des écritures comptables du débiteur, afin qu'ils soient informés de la pendante procédure et puissent faire valoir leurs droits en concours ; par conséquent, avec cet avis, le commissaire n'exprime aucun jugement préventif sur l'éventuelle future admission au passif, ni n'effectue un recensement de la créance.

Implications pour les Créanciers

  • Information transparente sur la situation d'endettement du débiteur.
  • Possibilité pour les créanciers de présenter leurs demandes d'admission au passif.
  • Clarté sur la distinction entre l'avis et l'admission formelle des créances.

Cette décision, donc, ne fait pas seulement réitérer la nature informative de l'avis, mais souligne également l'importance de protéger les droits des créanciers dans un contexte de crise d'entreprise. La loi sur les faillites, dans ce cas, se pose comme une garantie d'équité et de transparence, permettant à tous les acteurs impliqués d'avoir accès aux informations nécessaires pour défendre leurs intérêts.

Conclusions

En résumé, l'Ordonnance n° 18522 de 2024 représente un pas important vers la clarté dans les procédures d'administration exceptionnelle et pour la protection des droits des créanciers. Elle met en évidence comment l'avis aux créanciers, loin d'être un jugement sur les créances, constitue un outil fondamental de communication qui permet la participation active de tous les sujets concernés. Il est donc essentiel pour les créanciers d'être toujours informés et prêts à faire valoir leurs droits, afin de ne pas perdre d'opportunités dans le complexe système des procédures collectives.

Cabinet d’Avocats Bianucci