Analyse de l'arrêt n° 19536 du 2024 : Crédits des pharmaciens et remboursements du S.S.N.

La récente ordonnance de la Cour de Cassation, n° 19536 du 16 juillet 2024, aborde un aspect crucial concernant les crédits des pharmaciens pour les médicaments fournis aux bénéficiaires du Service de Santé National (S.S.N.). L'arrêt clarifie l'applicabilité de la réglementation prévue par l'art. 1193 du Code Civil et les conséquences liées à l'imputation des paiements, un sujet d'une grande importance pour les pharmacies et les Agences de Santé Locales (A.S.L.).

Le contexte normatif et jurisprudentiel

La question centrale traitée par la Cour repose sur le fait que les crédits des pharmaciens ne se configurent pas comme des relations obligatoires autonomes et distinctes, mais plutôt comme partie d'une relation unitaire de durée. Cela est régi par la convention pharmaceutique et par la concession délivrée par l'A.S.L., qui réglementent les prestations fournies par les pharmacies au profit du S.S.N.

Crédits des pharmaciens pour médicaments fournis à des bénéficiaires du S.S.N. - Remboursements de l'A.S.L. - Imputation des paiements ex art. 1193 c.c. - Exclusion - Fondement - Relation unitaire de durée - Conséquences. Aux crédits des pharmaciens pour le remboursement des médicaments fournis à des bénéficiaires du S.S.N. ne s'applique pas la réglementation relative à l'imputation des paiements prévue par l'art. 1193 c.c., car les prestations fournies de manière continue par les pharmacies au profit du S.S.N. ne constituent pas des relations obligatoires autonomes et distinctes, mais relèvent d'une relation unitaire de durée, régie par la convention pharmaceutique et la concession délivrée par l'A.S.L., dont les paiements, par conséquent, intégrant des prestations partielles, ne peuvent pas être imputés, conformément à l'art. 1194, alinéa 2, c.c., en compte de capital sans le consentement du créancier.

Implications pratiques de l'arrêt

L'arrêt examiné a d'importantes implications pratiques, car il établit que les crédits des pharmaciens ne peuvent pas être traités comme des paiements autonomes. Cela signifie que les pharmaciens doivent considérer les remboursements comme partie d'un flux continu de prestations, plutôt que comme des transactions individuelles. Les conséquences de cette interprétation peuvent être résumées dans les points suivants :

  • Impossibilité d'imputation des paiements sans le consentement du créancier ;
  • Reconnaissance de l'unité de la relation entre la pharmacie et le S.S.N. ;
  • Nécessité de prendre en compte les conventions et les réglementations locales dans la gestion des remboursements.

Conclusions

En conclusion, l'ordonnance n° 19536 du 2024 représente un important éclaircissement pour les pharmaciens et les A.S.L. concernant la gestion des crédits et des remboursements. La Cour de Cassation souligne l'importance de considérer la relation unitaire de durée, ce qui implique une gestion plus intégrée des prestations fournies. Cet arrêt non seulement clarifie des aspects juridiques, mais offre également un guide pratique pour les pharmacies et les institutions sanitaires, contribuant à une meilleure organisation du service de santé public.

Cabinet d’Avocats Bianucci