Juridiction italienne en cas de contrats avec des établissements de crédit suisses : commentaire sur l'ordonnance n° 18636 de 2024

La récente ordonnance de la Cour de cassation n° 18636 du 8 juillet 2024 offre des réflexions significatives concernant la juridiction en matière de contrats de consommation, en particulier lorsqu'ils impliquent des établissements de crédit étrangers. Par cette décision, les juges ont réaffirmé le principe de la juridiction italienne pour les actions de responsabilité contractuelle, même lorsque le contrat a été formellement conclu à l'étranger, mais que l'activité commerciale s'est dirigée vers le marché italien.

Le contexte de la décision

Le cas examiné concernait un consommateur italien qui avait intenté une action en responsabilité contre deux établissements de crédit de droit suisse. Bien que les contrats d'investissement aient été formellement signés en Suisse, l'intermédiation avait eu lieu par l'intermédiaire de personnes opérant en Italie, qui avaient incité la consommatrice à faire confiance aux offres de la banque suisse. La Cour, se référant à l'article 15 de la Convention de Lugano du 30 octobre 2007, a établi que la juridiction du juge italien est compétente lorsque l'établissement de crédit a effectué des activités de sollicitation du public en Italie.

L'action en responsabilité contractuelle intentée par un consommateur domicilié en Italie contre un établissement de crédit de droit suisse relève de la juridiction du juge italien - en vertu du critère de la "direction de l'activité", conformément à l'art. 15, par. 1, lett. c, de la Convention de Lugano du 30 octobre 2007 (ratifiée par l'UE par décision du Conseil du 27 novembre 2008 et entrée en vigueur dans les relations avec la Confédération suisse le 1er janvier 2011) - lorsque ledit établissement a mené des activités de sollicitation du public par l'intermédiaire de personnes se présentant comme ses agents ou intermédiaires ou qui, appartenant au même groupe ou étant d'une autre manière liées, ont néanmoins induit un public en confiance quant à la référabilité de leur action au centre d'intérêts unitaire relevant de la même banque.

Implications pratiques de la décision

Cette décision a plusieurs implications importantes pour les consommateurs et pour les acteurs du secteur bancaire :

  • Fiabilité des institutions : les consommateurs peuvent considérer comme plus sûres les transactions avec des établissements de crédit qui mènent des activités de marketing et d'intermédiation sur le territoire italien.
  • Juridiction favorable : les consommateurs italiens ont la possibilité de faire valoir leurs droits devant les juges italiens, simplifiant le processus d'indemnisation en cas de litige.
  • Clarté normative : la décision contribue à clarifier les frontières de la juridiction entre différents États, dans un contexte d'internationalisation croissante des services bancaires.

Conclusions

En résumé, l'ordonnance n° 18636 de 2024 représente un important progrès dans la protection des consommateurs italiens dans leurs relations avec des établissements de crédit étrangers. Elle souligne l'importance de la direction de l'activité commerciale et renforce la position du consommateur dans un marché de plus en plus globalisé. Il est fondamental que les consommateurs soient informés de leurs droits et des modalités de protection disponibles, afin de pouvoir faire face au mieux à d'éventuels problèmes liés à des contrats signés avec des établissements de crédit étrangers.

Cabinet d’Avocats Bianucci