Ordonnance n° 19071 de 2024 : la charge de la preuve dans la déclaration des sinistres d'assurance

La décision de la Cour de Cassation n° 19071, rendue le 11 juillet 2024, offre une réflexion importante sur la question de la déclaration des sinistres dans le cadre des assurances. La décision se concentre sur l'obligation de l'assuré de communiquer rapidement le sinistre à l'assureur et sur les conséquences liées au non-respect de cette obligation.

Le contexte normatif

Selon l'article 1913 du Code civil, l'assuré a l'obligation de donner avis du sinistre à l'assureur. Cependant, le non-respect de cette obligation peut avoir des conséquences différentes selon la nature de la violation, qui peut être dolosive ou fautive. En effet, si le non-respect est dolosif, l'assuré perd le droit à l'indemnité, comme l'établit l'art. 1915, alinéa 1. En cas de faute, en revanche, l'assureur peut réduire l'indemnité en proportion du préjudice subi, comme prévu par l'art. 1915, alinéa 2.

La maxime de la décision

DE L'ASSUREUR Obligation - Non-respect - Caractère dolosif et fautif - Conséquences - Charge de la preuve incombant à l'assureur - Contenu - Faits. Afin que l'assuré puisse être considéré comme défaillant à l'obligation, imposée par l'art. 1913 c.c., de donner avis du sinistre à l'assureur, il convient de vérifier si le non-respect a un caractère dolosif ou fautif, étant entendu que, tandis que dans le premier cas l'assuré perd le droit à l'indemnité, conformément à l'art. 1915, alinéa 1, c.c., dans le second, l'assureur a le droit de réduire l'indemnité en fonction du préjudice subi, conformément à l'art. 1915, alinéa 2, c.c. ; dans les deux cas, la charge de la preuve pèse sur l'assureur, qui doit démontrer, dans le premier, l'intention frauduleuse de l'assuré et, dans le second, que l'assuré n'a pas volontairement rempli son obligation et le préjudice subi. (En l'espèce, la S.C. a cassé la décision de fond qui avait nié le droit à l'indemnisation pour tardivité de la déclaration du sinistre sans motiver sur la responsabilité du retard due à la dol ou à la faute de l'assuré).

Implications pratiques de la décision

Cette ordonnance, donc, clarifie l'importance de la charge de la preuve à la charge de l'assureur. En particulier, l'assureur doit démontrer :

  • Que le non-respect de l'obligation de déclaration par l'assuré a été dolosif, c'est-à-dire qu'il y a eu une intention frauduleuse ;
  • Que le non-respect est fautif, c'est-à-dire que l'assuré a volontairement omis de remplir son obligation et que cela a causé un dommage à l'assureur.

Cette distinction est fondamentale, car elle conditionne la possibilité pour l'assuré de recevoir l'indemnité ou de la voir réduite. La Cour, dans le cas spécifique, a cassé une décision de fond qui n'avait pas suffisamment évalué ces aspects, soulignant l'importance d'une analyse approfondie de la situation du sinistre.

Conclusions

En résumé, la décision n° 19071 de 2024 représente un pas important en avant dans la protection des droits des assurés, attirant l'attention sur la charge de la preuve à la charge de l'assureur. Il est essentiel que les compagnies d'assurance évaluent avec attention les causes de tout retard dans la déclaration des sinistres, afin que les droits des assurés soient toujours respectés et protégés de manière adéquate.

Cabinet d’Avocats Bianucci