Commentaire sur l'Ordonnance n° 17108 du 2024 : Le Pacte de Non-Concurrence et les Accords Illicites

La récente Ordonnance n° 17108 du 20 juin 2024, rendue par la Cour de Cassation, offre une réflexion importante sur les limites des contrats de non-concurrence et sur les accords interdits par l'article 2 de la loi n° 287 de 1990. Cet arrêt, qui rejette le recours présenté par V. contre D., souligne comment les accords anticoncurrentiels peuvent influencer la validité des contrats conclus en exécution de tels accords illicites.

Le Contexte Normatif

Le cadre normatif italien concernant la concurrence est principalement régi par la loi n° 287 de 1990, qui vise à garantir une concurrence loyale sur le marché. En particulier, l'article 2 interdit les accords susceptibles de limiter la concurrence. La question centrale de cet arrêt se concentre sur l'effet de tels accords sur les contrats conclus en leur exécution.

(PACTE DE NON-CONCURRENCE) - EN GÉNÉRAL Accords interdits par l'art. 2 de la loi n° 287 de 1990 - Contrats conclus en exécution de l'accord interdit - Autorité chargée de la régulation du marché - Vérification de l'illicéité de l'accord - Pertinence aux fins de la nullité du contrat “en aval” - Condition - Hypothèse. En matière de constatation du préjudice résultant de comportements anticoncurrentiels au sens de l'art. 2 de la loi n° 287 de 1990, le droit à réparation s'applique à tous les contrats qui constituent l'application d'accords illicites, même s'ils ont été conclus avant la vérification de leur illicéité par l'autorité indépendante chargée de réguler ce marché, à condition que l'accord ait été établi avant le contrat dénoncé comme nul. (En l'espèce, la S.C. a confirmé l'arrêt de la cour territoriale qui avait exclu la nullité du contrat en raison du fait que celui-ci avait été conclu avant la diffusion du modèle ABI et de la décision de l'Autorité de Surveillance intégrant un accord anticoncurrentiel).

Analyse de l'Arrêt

Dans l'affaire examinée, la Cour a confirmé la décision de la Cour d'Appel de Rome, excluant la nullité du contrat conclu par V. contre D. car ce dernier avait été conclu avant la diffusion d'un modèle ABI et de la décision de l'Autorité de Surveillance. Cela implique que le contrat n'était pas en violation des règles antitrust au moment de sa conclusion, même s'il s'est révélé par la suite faire partie d'un accord anticoncurrentiel.

Dans ce contexte, il est fondamental de considérer les aspects suivants :

  • La validité des contrats conclus avant la constatation de l'illicéité.
  • La pertinence temporelle des accords interdits par rapport aux contrats “en aval”.
  • Le rôle de l'Autorité de Surveillance dans la régulation des pratiques anticoncurrentielles.

Conclusions

L'ordonnance n° 17108 du 2024 représente un important éclaircissement en matière de droit de la concurrence. Elle établit que la validité d'un contrat de non-concurrence ne peut pas être automatiquement considérée comme nulle si elle a été conclue avant la constatation d'un accord illicite. Cela offre une plus grande sécurité aux parties contractuelles, mais nécessite également une attention de la part des avocats dans la rédaction et la révision de tels accords. L'arrêt, par conséquent, contribue à dessiner un cadre juridique plus clair et à soutenir la compétitivité sur le marché, avec pour objectif de garantir des pratiques commerciales loyales et transparentes.

Cabinet d’Avocats Bianucci