Analyse de l'Arrêt n° 16979 de 2024 : Obligation et Indemnisation en Droit Civil

Le récent arrêt n° 16979 du 20 juin 2024 de la Cour de Cassation offre d'importants éclaircissements sur la distinction entre la demande de réparation du dommage pour inexécution de l'obligation de faire et la demande d'indemnisation ex art. 1381 c.c. Cette décision a suscité un intérêt pour sa pertinence dans le domaine des obligations et des contrats, mettant l'accent sur la nécessité d'une formulation correcte des demandes en justice.

Le Contexte de l'Arrêt

Dans le cas en question, le requérant avait initialement présenté une demande de réparation pour inexécution contractuelle, mais a ensuite cherché à élargir sa position juridique en demandant une indemnisation. La Cour a jugé que cette nouvelle demande était irrecevable, car elle se rapportait aux mêmes faits que celle d'origine. Cet aspect est crucial pour comprendre comment la jurisprudence italienne gère les demandes en matière de contentieux.

La Distinction entre Obligations de "Facere" et de "Dare"

L'arrêt précise que, dans le contexte de l'art. 1381 c.c., il existe deux types d'obligations en jeu. D'une part, il y a l'obligation de "facere", qui implique un devoir de s'engager pour qu'un tiers s'acquitte d'une obligation. D'autre part, il y a l'obligation de "dare", qui s'active lorsque, malgré les efforts, le tiers refuse d'exécuter. Cette distinction est fondamentale pour déterminer la légitimité des demandes formulées en justice.

  • Obligation de "facere" : s'efforcer de faire en sorte que le tiers accomplisse l'action promise.
  • Obligation de "dare" : verser l'indemnisation si le tiers n'exécute pas.
DE L'OBLIGATION OU DU FAIT DU TIERS Promesse de l'obligation ou du fait du tiers - Demande initiale de réparation du dommage pour inexécution de l'obligation de faire - Demande d'indemnisation ex art. 1381 c.c. formulée lors de la précision des conclusions - Recevabilité - Exclusion - Fondement - Hypothèse. En matière de promesse de l'obligation ou du fait du tiers, est irrecevable en tant que nouvelle la demande d'indemnisation ex art. 1381 c.c. formulée lors de la précision des conclusions, si en relation avec les mêmes faits une demande de réparation du dommage pour inexécution de l'obligation de faire a été initialement formulée ; dans l'hypothèse prévue par ledit art. 1381 c.c., la cause petendi est en effet différente puisque le promettant assume une première obligation de "facere", consistant à s'efforcer pour que le tiers adopte le comportement promis, afin de satisfaire l'intérêt du promettant, et une seconde obligation de "dare", c'est-à-dire de verser l'indemnisation dans le cas où, malgré ses efforts, le tiers refuse de s'engager. (En l'espèce, la S.C. a confirmé l'arrêt qui avait déclaré irrecevable la demande d'indemnisation formulée par l'acheteur lors d'une enchère d'un bien immobilier, postérieurement à l'adjudication occupée bien que le délai fixé pour sa libération ait expiré en vain, le requérant ayant initialement agi uniquement pour la réparation du dommage pour inexécution contractuelle).

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 16979 de 2024 souligne l'importance d'une bonne formulation des demandes légales en matière de contentieux. La distinction entre les obligations de "facere" et de "dare" est cruciale pour éviter l'irrecevabilité des demandes et pour garantir que les droits des parties soient correctement protégés. Les acteurs du droit doivent donc prêter attention à ces nuances pour éviter de commettre des erreurs procédurales qui pourraient compromettre leurs demandes de réparation ou d'indemnisation.

Cabinet d’Avocats Bianucci