Ordonnance n° 18048 du 2024 : Coassurance et Clause de Délégation

L'ordonnance n° 18048 du 1er juillet 2024, déposée par la Cour de Cassation, aborde un sujet d'une importance capitale dans le domaine des assurances, en particulier concernant la coassurance et la clause de délégation. Ce jugement clarifie les conditions dans lesquelles la demande de paiement de l'indemnité peut interrompre la prescription à l'égard des coassureurs, un aspect fondamental pour les assurés et les professionnels du secteur.

Le Contexte de la Décision

La décision s'inscrit dans un contexte de coassurance, où plusieurs compagnies d'assurance partagent le risque associé à une police. Dans ce scénario, la "clause de délégation" permet à l'un des coassureurs de gérer la relation d'assurance pour le compte de tous. Néanmoins, le paiement de l'indemnité reste soumis à l'obligation de chaque coassureur, mais uniquement au prorata.

Le Principe de la Décision

Clause de délégation - Délégataire - Demande de paiement - Citation - Interruption de la prescription même à l'égard du coassureur délégant - Configurabilité - Conditions - Fondement. En matière de coassurance, en présence d'une "clause de délégation" - par laquelle les coassureurs confèrent à l'un d'eux le mandat d'exécuter les actes relatifs à la gestion de la relation d'assurance, tout en restant obligés au paiement de l'indemnité uniquement "pro rata" - la demande de paiement effectuée par l'assuré (directement ou par l'intermédiaire d'un courtier) à l'égard de la compagnie délégataire et sa citation en justice pour le paiement de l'indemnité totale sont aptes à interrompre la prescription du droit au paiement de l'indemnité à l'égard des autres coassureurs uniquement lorsque ladite compagnie a contractuellement assumé, en plus des tâches de gestion de la police, celles de réception de toutes les communications s'y rapportant, car l'obligation du coassureur, étant partielle, ne relève pas de la règle de transmission des effets interruptifs de la prescription en vigueur dans les obligations solidaires selon l'art. 1310 c.c.

Analyse des Implications Juridiques

La Cour a établi que la demande de paiement et la citation de la compagnie délégataire peuvent interrompre la prescription, mais uniquement sous certaines conditions. Il est essentiel que la compagnie délégataire ait également pris en charge la réception de toutes les communications. Cet aspect est crucial car, s'il n'est pas respecté, cela peut entraîner une situation d'incertitude pour l'assuré concernant ses droits.

  • La responsabilité partielle des coassureurs implique que chacun d'eux est tenu de payer uniquement sa part.
  • La transmission des effets interruptifs de la prescription ne s'applique pas automatiquement, comme c'est le cas dans les obligations solidaires.
  • La clarté dans la gestion des communications est fondamentale pour garantir la protection des droits de l'assuré.

Conclusions

Cette ordonnance représente un point de référence important pour tous les acteurs du secteur de l'assurance et pour les avocats spécialisés dans les dommages-intérêts. La clarté fournie par la Cour de Cassation sur les dynamiques de la coassurance et de la clause de délégation permet de gérer avec plus de sécurité les éventuels litiges. Il est essentiel que les assurés comprennent ces mécanismes et fassent appel à des professionnels expérimentés pour protéger leurs droits en cas de sinistre.

Cabinet d’Avocats Bianucci