Commentaire sur l'Arrêt n° 51160 de 2023 : la Preuve des Dommages dans l'Indemnisation

L'arrêt récent n° 51160 du 31 octobre 2023, rendu par la Cour de Cassation, offre des éléments importants sur la question de la preuve des dommages dans le contexte de l'indemnisation. En particulier, la Cour a précisé que pour la condamnation générale à l'indemnisation, il n'est pas nécessaire de prouver concrètement l'existence de dommages indemnisables, mais il suffit de démontrer la capacité potentielle à causer des dommages du fait et le lien de causalité avec le préjudice allégué.

Le Contexte Juridique de l'Arrêt

L'arrêt examiné s'inscrit dans un débat juridique plus large concernant l'indemnisation des dommages, qui peut être demandée à la suite d'événements dommageables. Selon l'article 539, alinéa 1, du Nouveau Code de Procédure Pénale, il est essentiel de préciser que l'établissement d'un fait potentiellement dommageable peut être suffisant pour obtenir une indemnisation. Cette approche est conforme à une jurisprudence établie, comme le souligne la décision n° 9266 de 1994.

Preuve de l'existence effective des dommages et du lien de causalité - Nécessité - Exclusion - Établissement d'un fait potentiellement dommageable - Suffisance. Aux fins de la condamnation générale à l'indemnisation des dommages, il n'est pas nécessaire de prouver l'existence concrète de dommages indemnisables, étant suffisant d'établir la capacité potentielle à causer des dommages du fait dommageable et l'existence d'un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice allégué, pouvant être déduit même de manière présomptive. (Conf. : n° 9266 de 1994, Rv. 199071-01).

Implications Pratiques de l'Arrêt

La décision de la Cour a des implications pratiques significatives pour les avocats et pour les parties impliquées dans des litiges d'indemnisation. En particulier, elle clarifie que :

  • La preuve de la capacité potentielle à causer des dommages est suffisante pour la condamnation à l'indemnisation.
  • Le lien de causalité ne doit pas être prouvé de manière rigoureuse, mais peut être déduit même de manière présomptive.
  • Les précédentes maximes jurisprudentielles confirment cette interprétation, créant un précédent important pour de futurs cas.

Conclusions

L'arrêt n° 51160 de 2023 représente un pas en avant dans la simplification de la preuve nécessaire pour l'indemnisation des dommages. La possibilité de démontrer la capacité potentielle à causer des dommages du fait et le lien de causalité de manière indirecte facilite l'accès à la justice pour les victimes de dommages. Il est donc essentiel que les avocats et les juristes tiennent compte de ces indications dans leur activité professionnelle, afin que les victimes puissent obtenir la juste indemnisation pour les dommages subis.

Cabinet d’Avocats Bianucci