Représentation procédurale et administration de soutien : commentaire sur l'arrêt n° 17113 de 2024

Le récent arrêt de la Cour de Cassation n° 17113 du 20 juin 2024 offre des pistes de réflexion importantes sur le thème de la représentation procédurale dans le contexte des personnes devenues majeures au cours d'une procédure. En particulier, la décision met en lumière le principe d'ultractivité de la représentation parentale, même en présence d'une nomination d'administrateur de soutien.

Le principe d'ultrativité de la représentation procédurale

Selon ce qui a été établi par la Cour, la représentation procédurale du parent continue à s'appliquer même après que l'enfant a atteint la majorité, à moins qu'il n'y ait une perte spécifique de capacité procédurale. Ce principe s'applique également dans le cas où l'enfant devenu majeur se voit désigner un administrateur de soutien. La nouveauté de cet arrêt réside dans la distinction nette entre la nomination d'un administrateur de soutien et celle d'une interdiction. En effet, tandis que l'interdiction entraîne une perte automatique de la capacité procédurale, la nomination de l'administrateur de soutien n'implique pas automatiquement la cessation de la représentation parentale.

La déclaration de l'administrateur de soutien et l'interruption du jugement

Un autre aspect crucial de l'arrêt concerne la déclaration de nomination par l'avocat. La Cour a clarifié que cette déclaration, si elle n'est pas explicitement destinée à interrompre le processus et dépourvue des exigences formelles nécessaires, ne détermine pas automatiquement l'interruption du jugement lui-même. Ce point est pertinent pour éviter des interprétations erronées qui pourraient compromettre les droits des parties impliquées.

En général. Le principe d'ultrativité de la représentation procédurale du parent de l'enfant mineur qui, au cours du jugement, atteint la majorité s'applique même si un administrateur de soutien est nommé pour l'enfant devenu majeur, la perte de capacité procédurale de la partie ne pouvant pas découler automatiquement de ladite nomination, contrairement à ce qui se passe dans le cas d'une interdiction ; il en résulte que la déclaration de la nomination intervenue de l'administrateur de soutien par l'avocat avec la conclusion ne détermine pas ex se l'interruption du jugement, à moins qu'elle ne soit destinée à obtenir cet effet et accompagnée des exigences formelles nécessaires. (Dans ce cas, en application du principe énoncé, la S.C. a annulé avec renvoi l'arrêt contesté qui avait déclaré le manque de représentation en jugement d'une personne handicapée devenue entre-temps majeure, considérant que la représentation parentale avait cessé en raison de la nomination de la grand-mère comme administrateur de soutien, sans même évaluer l'adéquation aux fins interruptives du processus de la déclaration de l'événement par l'avocat nommé par le père).

Conclusions

En conclusion, l'arrêt n° 17113 de 2024 de la Cour de Cassation représente un pas important en avant dans la protection des droits des personnes handicapées, clarifiant les dynamiques de représentation procédurale même dans des situations complexes. Il est essentiel que les professionnels du droit comprennent ces principes pour garantir une application correcte des normes et la sauvegarde des droits des personnes concernées. La décision de la Cour non seulement offre des certitudes juridiques, mais nous invite également à réfléchir à la manière dont les institutions peuvent mieux soutenir les personnes vulnérables dans leur accès à la justice.

Cabinet d’Avocats Bianucci